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LA KA MILLE I 87 Tout d'abord, observons qu'il est de coutume que le mari ne prenne une nouvelle épouse qu'a\ec l'assentinieni de l'épouse qu'il a déjà, voire même c'est celle-ci qui le pousse à ces secondes noces, comme nous l'expliquerons.
S'il convoite une jeune lille, il procède comme nous l'avons indiqué; étant entendu que ses actes ne relevant, en définitive, que de lui-même, le plus souvent, il ajit à sa guise, il n'y a rien de particulier à signaler.
S'il s'agit d'une femme déjà mariée, il en va autrement. La femme mariée, divorcée ou \euve, ne peut recouvrer sa liberté que movennant de remettre aux mains de son mari ou de la famille de son mari, la totalité de ce qui a été payé de la dot : la chose lui étant, la plupart du temps, impossible, elle est obligée, suivant le cas, soit de rester avec son mari, qui a cessé de lui plaire ou qui la maltraite, soit de devenir l'épouse du frère de son mari défunt. Pour échapper à ces contraintes, il est habituel que la femme intrigue, se compromette même dans des relations adultères, pour susciter un prétendant qui puisse lui donner de quoi désinté-resser son m.iri, ou la famille de son mari : sou\ent aussi, c'est la famille de la femme qui mène ces négociations : se trouvant dans l'impossibilité de dégager la femme, elle promet celle-ci en mariage et, avec la nouvelle dot, rembourse l'ancienne. Parfois, la combinaison est très avantageuse, la femme, qui a su se faire rechercher, exige non seulement que son premier mari soit désintéressé mais encore que des biens lui soient, à elle, constitués en paraphernaux.
S'il advient que la femme soit en mesure, par ses seuls moyens (sur ses paraphernaux par exemple), de désintéresser son mari, il lui est toujours possiblede se libérer du lien conjugal et d'exiger d'un nouveau mari des biens qui viennent remplacer ceux dont elle a dû se dessaisir.