Sudan Archive

Open the original scan

l88 MONOdHAPIIIi: DKS KMASSONKK Modalités.

Nous avons vu, dans la partie historique, que Demba Séga avait ofTert sa fille en mariafe à un influent notable et qu'une fille de Diba Sambala avait été de même otTerte à Ouri Dyadyé. Le mariage qui a ainsi pour but de sceller une union avec une personne dont on tient à s'assurer l'amitié ou le concours est, et a toujours été, en rand honneur entre familles de gens riches ou, au moins, aisés.

Celui qui est honoré d'une pareille marque d'estime ne saurait la décliner, sans que celui de qui elle émane ne s'en trouve blessé; mais aussi il n'a pas à payer de dot; au contraire, la femme lui est remise accompagnée de biens d'autant plus considérables qu'elle est fille de famille plus importante ; il est vrai que ces biens constituent des paraphernaux et que, en bonne courtoisie, le mari doit les augmenter en y ajoutant des cadeaux tels que l'on ne puisse dire qu'il n'est pas en mesure de reconnaître dignement la haute politesse dont il est l'objet. Les diverses modalités, que nous venons de passer en revue, nécessitent de la part des familles ou des époux et plus spécialement du mari une certaine aisance, or les gens qui ne disposent pas de ces moyens sont de plus en plus nombreux, car nous avons rendu à la liberté tous les esclaves sans, cependant, les enrichir. De tout temps il a existé une forme de mariage licite pour les gens libres mais pauvres, elle tend à se généraliser.

Le jeune homme se met directement en rapport a\ec la jeune fille qu'il désire, le plus souxent des relations sexuelles font suite, voire même les parents de la fille — qui n'ignorent rien, sans cependant avoir été informés par elle — tolèrent ses escapades, qui aboutissent à une véritable cohabitation avec le jeune homme. Lorsque les jeunes gens le jugent à propos, ou s'y trouvent contraints, le jeune homme voit le

Text produced by OCR — report an error