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l80 MONOGRAPHIE DES RMASSONKÉ des produits qu'elle peut donner. Donner une jument, c'est donc non seulement un sacrifice dans le présent mais encore une perte de gain dans l'avenir. Or, l'on admet fort bien que partie de la dot ne soit versée que dans un temps plus ou moins éloigné; aussi, au lieu de donner la jument, on en vient à promettre l'un de ses produits ou, suivant l'expression indigène, un des « pieds» de la jument.
Cette coutume du « pied » de jument n'est pas exclusivement khassonké, elle a été adoptée et pratiquée par tous les peuples du Soudan occidental, qui possèdent des chevaux. L'application de cette coutume nécessite quelques explications.
Si le constituant a promis un « pied » de sa jument, celle-ci est remise au bénéficiaire qui a charge de la nourrir et de la faire saillir : le produit lui appartient et il rend la jument quand le poulain est sevré ; les risques sont pour lui, sauf les cas fortuits ou de force majeure, dont il a à faire la preuve.
S'il a été promis deux « pieds » la jument devient indivise jusqu'à la fin de l'affaire : en conséquence, chacun alternativement en prend charge et en use pendant six niois. Le premier produit est également indivis et lorsqu'il est sevré, les parties égalisent les charges en prenant à tour de rôle la jument ou le poulain. On continue de la sorte jusqu'au jour où la jument, ayant donné trois produits, se trou\e de nouveau pleine ainsi que l'une de ses pouliches.
Alors, l'on fait deux lots : l'un de la jument et d'un poulain, l'autre de la poulinière et de l'autre poulain : l'attribution est faite en faisant tirer la courte paille par un enfant.
Par exception à la coutume qui exige que le constituant pave au moins une partie de la dot pour obtenir livraison de la femme, dans le cas de promesse de « pieds » de jument la livraison a lieu sans que la famille de la femme reçoive aucun acompte, parce que, en l'espèce, la famille se trou\e