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164 MONOGRAPHIK DES KHASSONKÉ chair d'une chèvre dont le pelage n'est pas entièrement blanc ; il a interdit, entin, d'acheter de vendre ou d'héberger un âne. d'en promettre ou d'en recevoir la valeur.
Or, suivant son habitude, l'indigène a appliqué autour de lui ce qu'il a appliqué à lui-même. Il a créé à ses génies, à ses esprits protecteurs, des interdits.
Voici un individu qui a un boli, il fait diverses offrandes à l'esprit qui s'incorpore à ce boli : remarque-t-il que chaque fois qu'il immole ainsi un poulet, ses desseins tournent mal, il se persuade aussitôt que l'esprit est indisposé par ce genre de victime et conclut que l'esprit s'interdit le poulet. Dès lors, non seulement il ne sacrifie plus de poulet sur ce boli, mais encore — par respect pour l'esprit — lui-môme ne touche plus au poulet.
Remarque doit être faite que ce tana diffère du tana pré-cédent : car celui-là seul sera tenu de respecter ce tmia qui pratiquera le culte de ce boli, ce n'est donc qu'un interdit relatif.
Le tana ou interdit dont nous venons de parler est susceptible d'être appliqué à tout : non seulement le végétal et l'animal, mais n'importe quel corps de la nature, l'homme compris, ses actes et ses paroles peuvent être tana, la chose est de vérification facile.
Chaque indi\idu a ses tana personnels qu'il s'est imposés lui-même ou qu'il a adoptés pour assurer l'efficacité d'un philtre, d'une amulette, d'un talisman... ; chaque individu est aussi tenu de respecter les tana de son père et de ses ascendants paternels, en tant qu'ils constituent une règle de conduite générale que son père et ses ancêtres ont entendu s'imposer à eux-mêmes et à leurs descendants. Quant aux tana attachés à certains usages particuliers, il n'en est tenu qu'autant qu'il bénéficie de cet usage: par exemple, il doit respecter le tatia attaché à l'amulette qu'il a héritée de son père, afin que cette amulette conserve son efficacité; mais il n'est pas tenu de respecter le tana