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102 MONOGRAPHIE DES KHASSONK.E Telle est la genèse de ces sociétés secrètes dont les Bambara et les Malinké et, plus généralement, tous les païens sont les sectateurs les plus zélés et qui existent dans certains villages du Khasso comme ailleurs.
Les plus réputées de ces sociétés sont celles des Nama, Dvara, Koma...; chacune d'elles paraîtdevoirson nom à un détail caractéristique: Nama est le nom spécial du boli ; Koma (« parleur ») provient de ce que, lors des exercices, l'un des prêtres « parle » {ko) d'une manière étrange par suite de l'adaptation à sa bouche d'un instrument en fer; Dyara, « lion », doit ce nom à des rugissements, analogues à ceux du « lion », que l'on tire d'un appareil (i\ au cours des pratiques cultuelles.
Dépouillé de toutes les exagérations dans lesquelles tombent la plupart de ces confréries, le culte des esprits peut se résumer facilement. L'esprit, convenablement sollicité par des incantations et autres rites appropriés, s'incorpore au boli, sur lequel on lui présente les offrandes, qui lui sont agréables, en vue d'obtenir ses bonnes grâces et sa protection. Les sacrifices sont souvent effectués pour racheter une faute ou obtenir une faveur particulière.
Quand on désire connaître la volonté de l'esprit, l'on a recours au poulet, comme nous l'avons indiqué à l'occasion du culte des morts.
Pour les offrandes et les sacrifices, le liquide est souvent le dolo (bière de mil), quelquefois de l'eau additionnée de farine de mil ; la victime la plus habituelle est le poulet à (i) Cet appareil se compose essentiellement d'un tronc creux de palmier, sur l'une des ouvertures duquel l'on tend fortement une peau d'àne. Du centre de cette peau part une corde qui, par l'intérieur du tronc de palmier, va sortir par l'autre ouverture. — Pour mettre cet appareil en action, il est né-cessaire que des assistants le maintiennent immobile : l'instrumentiste saisit alors la corde à pleines mains du côté de l'ouverture libre, il la tend fortement puis la laisse glisser à frottement : les vibrations de la peau d'âne, que ce jeu détermine, produisent, avec un peu d'habileté, un bruit qui, à distance, simule le rugissement du lion.