Facsimile · p. 180
l58 MONOGRAPHlt; DES KMASSONKÉ constituent le droit de khandyapo, en vertu duquel il prélève la partie antérieure du cou et les quatre côtes supé-rieures de chaque côté.
Il s'en faut que tous les morts soient ainsi honorés ; en principe, l'on n'a de considération que pour ceux qui, dans la vie, exercèrent la puissance. On dédaigne donc les «gens faibles », c'est une conséquence de cette croyance que le monde des espritsest une réplique de celui des vivants ; or, dans celui-ri honore-t-on les « gens faibles»! Mais que, pour raison ou autre, l'indigène pense que tel qui, sur la terre, fut faible et sans puissance est devenu, après sa mort, un esprit qu'il y a lieu de ménager, et il s'empresse de lui rendre le culte qu'il suppose le mieux approprié à se concilier ses faveurs.
Le Culte des esprits.
Nous l'avons dit : des esprits, il y en a partout ; la nuit est, semble-t-il, réservée à leurs pérégrinations. La nature, impassible le jour, se transforme entièrement la nuit : le jour est fait pour l'homme, la nuit pour le reste de la création. Nombreux sont ceux qui nous ont afiirmé que, la nuit, les arbres marchent pour aller chercher leur nourriture, seulement ils marchent retournés de bout en bout, sur la cime, les racines en l'air. La nuit tout est malfaisant, même, et surtout, la lune qui rend aveugle ou poitrinaire; lorsque, dit-on, la lune frappe quelqu'un endormi, elle transperce son corps à la manière d'un taret ; d'aucuns prétendent que l'on peut éviter cette action de la lune en plaçant auprès de soi une petite calebasse contenant un peu d'eau, qui forme un miroir auquel l'astre de la nuit s'abandonne, oublieux de sa victime.
L'on conçoit combien il est dangereux de dormir dehors, le danger est particulièrement grave pour les femmes, car elles peuvent être, alors et à leur insu, la proie des esprits