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LA VIK MAIKHIKI-Li; ET MÛKALE I 59 errants et, de cette façon, devenir mères de monstres abominables.
Pour la plupart, les esprits sont errants et l'on est à peu près sûrden rencontrer aux croisements des chemins, près des villages, aux puits, aux sources... ; la nuit, ils pénètrent dans la cour des maisons, aussi les ménagères prudentes ne manquent pas, avant d'aller se coucher, de retourner les pots et les écuel les l'ouverture contre terre, pouréviter que les esprits qui rôdent n'y déposent quelque ordure.
Certains esprits ont un domicile élu et, alors, sont quelquefois portés à ré\éler leur présence pour être honorés. Voilà un indigène qui va cultiver un champ ; au cours de son travail de défrichement, il s'entend interpeller par une voix qui sort de l'arbre qu'il va abattre : « Ami, si tu veux respecter ma demeure et m'apporter deux fois Tan des cadeaux en hommage, je ferai prospérer tes récoltes et les protégerai. » Comment n'accepterait-il pas? c'est le génie du lieu qui lui a parlé, il doit accéder à ses désirs sinon son champ demeurera stérile.
D'ailleurs, le plus souvent, l'opération, préalable à toute première mise en exploitation d'une terre, consiste à rechercher le génie dont dépend cette terre et à l'honorer pour qu'il en assure la fertilité; c'est au devin que l'on s'adresse pour procéder à cette recherche ( i ) .
Pourtant il est des circonstances où des gens ordinaires sont assez perspicaces, ou bien doués, pour découvrir le génie protecteur dont ils ont besoin et savoir, de lui-même, ce qu'il faut faire pour obtenir et conser\ erses bonnes grâces.
Une année, à Alédine, la petite vérole faisait des ravages terribles dans la population enfantine et les mères étaient désolées. L'une d'elles— une femme du village de Liberté — se mit en quête d'un esprit capable d'arrêter le fléau.
Elle le découvrit non loin de la halte du chemin de fer; (i) Voir sur le gjnie du lieu ce que nous disons à propos du « régime foncier ».