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t56 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ rellement aux esprits lutélaires de sa famille, à ses morts. A partir du moment où il a cessé de vivre, l'être humain se dissocie progressivement. Le quarantième jour après le décès, il est habituel que Ton fasse un sacrifice en l'honneur du défunt car, dit-on, c'est le moment où, le corps étant complètement décomposé, les os n'adhèrent plus à la chair.
Sans doute, faut-il conclure, par analogie, que le sacrifice, fait le huitième jour, coïncide avec le moment où l'âme abandonne définitivement le lieu de la sépulture : c'est d'ailleurs l'opinion de ceux qui veulent bien s'expliquer, autant qu'ils le peuvent, à cet égard. Après le quarantième jour, il n'y a pas d'époque préfixe pour honorer le défunt, qui est allé rejoindre ses parents et ses amis excorporés comme lui.
Chaque khassonké pratique à sa manière le culte de ses morts; mais, en général, quel qu'il soit, il n'entreprend rien d'important sans consulter ses morts et se les rendre propices par des sacrifices faits quand et comme il juge bon et selon son inspiration. Le plus souvent, il demeure dans sa case et, muni d'une petite calebasse, contenant du lait seul ou de l'eau additionnée de mil grossièrement broyé, se recueille, pense fermement à son projet au moment même où il évoque tel ou tel de ses parents morts, puis laisse tomber à terre quelques gouttes du contenu de la calebasse et boit la partie restante.
Par cette évocation pieuse du défunt, au moment même où il est le mieux pénétré de ce qu'il a le dessein d'accomplir, le Noir est convaincu d'arriver à découvrir si ses intentions ont, ou non pas, l'approbation de ses esprits familiaux et il termine son acte de piété par une véritable communion.
D'aucuns, au lieu d'elTectuer la libation sur le sol de leur case, l'opèrent le long du montant de la porte d'entrée,