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LA VIK MATKHIELLE ET MORALE l55 emploi n'est pas à la portée de tout le monde et ce qui est bon pour les uns ne l'est pas nécessairement pour les autres.
Il n'est pas très éloif,mé le temps où l'indigène, sous la hantise constante de l'invisible, n'osait toucher à la nature environnante qu'avec effroi. Ce sont ces observateurs, si facilement calomniés, que nous nommons magiciens ou sorciers, qui l'ont affranchi peu à peu de sa terreur en lui donnant le moyen de dominer les esprits malins dont il se crovait entouré.
Ainsi s'est-il constitué peu à peu, par l'usage, un lot de plantes inoffensives dont il a usé pour son alimentation, ce qui l'a conduit à la culture. Mais, au moindre signe, sa terreur première le reprend, il voit un esprit malin derrière la plus petite indisposition, et, pour éviter ce qu'il croit être un danger, il s'interdit et interdit aux siens l'usage de tout ce qui a causé son alarme. 11 y a ainsi des plantes défendues [tana] pour telle famille, parce que l'ancêtre a été incommodé plus ou moins gravement par l'emploi qu'il en a fait, ou même qu'il n'a pas pu en faire.
Cultes.
La croyance détermine le culte et le culte est conforme à la croyance. L'indigène croit aux esprits et il a un culte pour les esprits, et comme il imagine que le monde des esprits est pareil au monde des vivants, il se comporte vis-à-vis des esprits comme il se comporte vis-à-vis des vivants.
Culte des morts.
Dans la vie. l'indigène est enfermé dans la famille; pour lui c'est, bien souvent, d'elle que tout dépend et d'elle, par suite, qu'il doit tout attendre : son culte va ainsi tout natu-