6 MONOGRAPHIE DES KFIASSONKE
de relations font que ces divers langages se compénètrent
à la longue et c'est ainsi que se constitue une langue commune mais non homogène ni uniforme, non plus
que n est homogène et uniforme le tvpe des gens du clan. A mes observations personnelles, je n'ai pas manqué
d'ajouter la lecture des auteurs susceptibles de me fournir
des renseignements sur le Khasso. J'indique, par ailleurs,
la liste de ceux, que j'ai consultés, sinon utilisés. Aucun
de ces auteurs ne s'étend beaucoup sur le sujet que je vais
traiter. Carrère et Holle ont réservé quelques pages (^sept)
au Khasso; Remy se borne à une notice historique (vingt
pages environ), mais précieuse pour moi parce qu'elle cor-
robore, dans l'ensemble, les traditions que j'ai recueillies;
le docteur Lasnet se limite à l'ethnographie (sept pages)
et de même Sarrazin (quatorze pages); Delafosse nous donne un bon aperçu du dialecte khassonké dans son Manuel de la lanp;ue mandé (pp. 247-254) et son très bel
ouvrage : Ilaut-Sénégal et Niger, renferme, sur les Khas-
sonké, des renseignements intéressants; enfin G. Bastard a
réuni un vocabulaire d'environ deux cents mots khas-
sonké. Tels sont les seuls auteurs qui ont consacré spécia-
lement quelques pages au Khasso; nombre d'autres don-
nent, incidemment, des indications utiles à divers titres,
mais, jusqu'à présent, aucun ouvrage étendu n'a été publié
à ce propos.
En décrivant, avec tous les détails à ma connaissance,
cette petite collectivité du Khasso qui, d'après les derniers
recensements, compte à peine 1 1.200 membres, je n'ai pas entendu faire œuvre limitée à un si petit monde. A la vérité,
le milieu indigène est tellement mélangé qu'en l'étudiant profondément en un point, l'on traite nécessairement des
questions qui intéressent ce milieu tout entier : c'est ainsi,
par exemple, que le cadre familial, le régime foncier, le système clanique,... que je vais examiner, ne sont point
exclusifs au Khasso, ils sont au contraire très répandus