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l36 MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ neurs de toutes les histoires dont on leur fait confidence en retour de celles qu'ils racontent.

Or, dans toutes les localités importantes, les « jeunes » ont un chef qui est l'organisateur de toutes les réjouissances ; c'est à lui qu'incombe, naturellement, la charge d'engager les artistes qui doivent être l'une des attractions de ces fêtes, musiciens [balafola), danseurs {tiiandeni) (i), anti-sorciers {gankiirango, mama-dyombo) chanteurs {dyalo, mabo).

Ce « chef des jeunes » devient ainsi une sorte de manager local, avec lequel les artistes sont en rapport quotidien et, à cette fréquentation, pour peu qu'il s'en donne la peine, il apprend quantités de légendes, contes, fables... dont il se fait à son tour le propagateur auprès des « jeunes » dont il préside les « veillées ». Ainsi, vers 1898, à Médine, le chef des jeunes était un serviteur de Sadyo Sambala, chef de la ville. Cet homme, très intelligent, avait eu les doigts presque entièrement enlevés par la lèpre amputante, de laquelle il avait d'ailleurs réussi à se guérir; c'était malgré cela un habile potier. C'est à ce lépreux que nous sommes indirectement redevable de la plupart des récits khassonké que nous avons publiés.

Dans les œuvres auxquelles nous venons de faire allusion, il y a non seulement des contes et des fables, mais aussi des légendes, qui ne sont que de l'histoire plus ou moins déformées par la tradition. Une partie— peut-être la plus grande — de ces légendes se rapporte aux actions des personnages célèbres à divers litres parmi les indigènes ; elles forment le bagage professionnel des gens des caste dyalo et mabo dont nous reparlerons.

Parmi les familiers de l'homme aisé, riche et, à plus forte raison , puissant, il en est qui recueillent tous les faits grands ou petits de son existence ; non seulement ils (1) Les mandeni sont des fillettes vouées, en quelque sorte, à l'art choré-graphique; elles sont originaires du Haut Niger.

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