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LA VIE MATKHIELLE ET MOIIALE I 35 Comme il n'y a pas d'écriture, les productions littéraires sont purement orales. Il est assez facile de se rendre compte comment elles naissent et se propagent.
La population se répartit en deux catégories de personnes : les jeunes et les vieux. Les jeunes, avides d'amusement, aiment les réunions du soir, les veillées où garçons et filles folâtrent, dansent, chantent, s-e récréent, au clair de lune ou à la lueur du feu. C'est dans ce milieu qu'aiment à se produire les conteurs, gens à l'imagination vive et doués d'un sens critique ou comique doublé souvent d'une grande originalité personnelle. Il est essentiel de remarquer qu'ils miment autant qu'ils disent, de sorte que la rédaction fait perdre à leurs œuvres la plus grande partie de leur attrait. La renommée de ces conteurs ne sort guère de l'intimité.
A côté de ces amateurs existent les professionnels qui produisent aussi personnellement mais, en outre, tirent profit de tout ce qui vient à leur connaissance et deviennent ainsi les propagateurs des inventions des conteurs locaux; voire même, en transformant, au gré de leur fantaisie ou selon les circonstances, soit ce qui est de leur propre fond, soit ce qui 'eur vient d'autrui, ils renouvellent sans cesse la forme des thèmes déjà connus. Parmi ces professionnels, nous avons dans le Khasso deux genres d'artistes, le ankurango et le mama-dyombo, sur le rôle desquels nous reviendrons ultérieurement ; signalonsseulementqu'ilsaccompagnent leursdanses rituelles ou récréatives de véritables chansons de geste et qu'en dehors de toute chorégraphie ce sont, d'ordinaire, d'intarissables conteurs, car toute leur vie se passe à circuler dans le pavs, parfois même dans un ravon assez étendu, et, au cours de cette existence vagabonde, s'ils produisent personnellement ils sont, peut-être, plus encore, les collection-