Sudan Archive

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I2S MONCXjKAPHIK 1): s kllASSÛN KK L'unité monétaire des transactions sur la gomme était la pièce de guinée, dont nous avons déjà parlé. Les négociants la li\ raient aux traitants sous condition de remboursement, non en numéraire mais en gomme : de là l'expression, la pièce de gainée est à 3o, 40 ou 5o livres de gomme, tout comme l'on dirait le 3 p. 100 est à 87, 88 ou 90. En principe, la guinée non échangée demeurait au compte du traitant. La gomme, objet de la traite, provient de diverses espèces d'acacias qui existent en nombre sur les confins du Soudan et du Sahara. Elle est recueillie de novembre à juin par les tribus maures de ces régions, et transportée par elles dans les lieux de traite pour être échangée contre des marchandises.

En outre de la guinée, les traitants oiTraient diverses marchandises pour attirer les vendeurs; c'étaient le plus ordinairement des fusils à silex, à un et deux coups ; de la poudre à canon, de l'ambre, du corail, du sucre en pain, du tabac en feuilles, du calicot blanc et quelques autres étoffes connues dans le commerce sous les noms de roum, bazin, limeneas. De plus, tout vendeur de gomme était attiré par une manière de prime composée de bimbeloterie et d'autres cadeaux dont l'ensemble constituait la pacotille du traitant : petits miroirs à main, couteaux, canifs, rasoirs, ciseaux, chapelets musulmans.

Originairement la traite s'etTectuait seulement aux escales, lieux choisis d'un commun accord entre acheteurs et vendeurs, et ce trafic était une véritable expédition de guerre. Car, pour se prémunir contre le banditisme des Maures, les traitants n'opéraient qu'à bord de leurs petits navires ancrés assez loin de la rive; mais chacun d'eux envovait à terre des courtiers armés, ayant pour mission de diriger vers eux, même par la force, les vendeurs maures : d'où des conflits entre courtiers pour obtenir la préférence, entre courtiers et maures quand ceux-ci entendaiei't défendre leur liberté.

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