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LA VIK MATKRIFI.LK KT MOnAI.F, 12 Au fur et à mesure de l'occupation du pavs par les Européens, ces mœurs sauvaes se sont atténuées en se transformant. xIotamment, la traite se fait à terre, dans des établissements fixes et en toute liberté. Mais, si les luttes à main armée ont disparu, la concurrence, que rien ne saurait éteindre, a recours à d'autres procédés, calqués sur les anciens. Au lieu d'attendre les Maures, les traitants envoient au-devant d'eux des courtiers, sortes d'interprètes appelés « maîtres de lan'ues », chargés de faire en leur nom les plus magnifiques promesses, demanièreàcapter la confiance du vendeur et l'amener à accepter l'hospitalité du traitant.
Celui-ci dispose d'une habitation pourvue, en général, d'une cour bien close, dans laquelle il parque le vendeur et la gomme : alors commence vraiment l'opération commerciale ; le Maure exige tout, à commencer par la nourriture (riz et \iande) et les friandises (biscuits, eau sucrée"); le traitant ne cède que contraint et forcé et emploie toutes les fourberies pour récupérer ses débours, sans toutefois mé-contenter ses clients dans la crainte qu'en les chassant sa traite ne se trouve compromise.
Les règlements les plus anciens concernant la traite contiennent tous des pénalités contre les ruses et supercheries employées dans la traite, tant par les Maures que par les traitants. Pour qui n'a pu voir par le menu ces fourberies réciproques, les récits qu'on en peut faire ne peuvent que paraître exagérés.
Ce régime étrange persiste beaucoup plus qu'on ne saurait croire, dans le commerce de ces régions ; il a influé très fâcheusement sur la mentalité des mdigènes et les pratiques dont la traite a vécu se perpétueront longtemps encore sous des dehors divers, avant de pouvoir être extirpées. La traite, en effet, subsiste toujours, mais elle a élargi son domaine, elle s'applique maintenant à la plupart des produits indigènes soit, en outre de la gomme, les grains (mil surtout), les arachides, le caoutchouc; les marchan-9