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LA \\i: MATERIF.LI,E KT MORALE 1 27 parler un bénéfice et non plus un biin}-a; de ce l'ail, il est responsable, vis-à-vis du marchand, d'avoir livré la marchandise à un client insolvable; vis-à-vis de l'acheteur, il répond des vices, même cachés, de la chose. Quant à la perte, elle lui serait imputable, au cas seulement où il serait prouvé qu'elle est due à sa faute; il ne doit d'ailleurs conserver la chose que dans les conditions où les commerçants des mêmes choses les conservent.
Mais les tefe et les dyatigi ne sont, en définitive, que des auxiliaires du commerce; les commerçants véritables, ceux qui font des affaires, parfois considérables, ce sont les traitants. Le traitant est né des nécessités imposées par le commerce de la gomme, commerce plus connu sous le noni de traite. Les règlements, d'ailleurs variables, qui ont régi cette dernière pendant de très nombreuses années et, plus encore, les pratiques que la traite a engendrées et perpétuées ont influencé très profondément le commerce du Haut-Fleuve, qui seul nous occupe ici. Sans vouloir refaire ,une histoire mainte fois retracée, nous rappellerons brièvement ce qu'est le traitant et comment il opère.
Sui\'ant l'ordonnance du i5 noxembre 1H42, pour faire la traite des gommes il fallait être traitant patenté et pour être traitant patenté, il fallait : i" être nègre ou mulâtre ; 2" être né au Sénégal ou dépendances; 3" n'être patenté ni comme marchand ni comme négociant ; 4" avoir fait, soit pour son propre compte, soit pour le compte d'autrui, des opérations de traite aux escales depuis l'ouverture de la traite de i836 : Ton admit des modifications à ces conditions de stage, mais elles comportaient toujours l'obligation d'exercice en qualité d'aide-traitant pendant un certain temps, 3 ans en général. Les traitants se subdivisaient en deux catégories : les uns, dits gros traitants, opéraient pour leur compte personnel ; les autres, dits petits traitants ou sous-traitants, n'étaient que des agents des gros traitants ou d'autres négociants.