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126 MONOGRAPHIE DES KHASSONK.É qu'il désire. D'autre part, Thôte lui assure le logis, la nourriture et, parfois, le reste.
Il n'est pas rare qu'un étranger demeure ainsi des mois, quelquefois des années, à trafiquer loin de chez lui; bien installé, voire même marié et père de famille, il n'est point pressé de quitter cette nouvelle patrie et, de fait, il s'y fixe quelquefois définitivement.
Quand l'étranger quitte son hôte, il doit lui faire un cadeau suffisant pour le défrayer des dépenses qu'il lui a occasionnées et aussi pour l'honorer {biinya) ; aux chefs du lieu et aux gens qui lui ont été utiles il doit pareillement des bunra ; tout cela, sans compter les menus cadeaux de chaque jour : colas, tabac... Dans les grands centres commerciaux il y a des dyaiigi spécialement qualifiés pour recevoir les étrangers, commer-çants ou autres; dans certaines localités les dyaiigi ne doivent chacun recevoir que les gens de certaines contrées ou de certaines races, ce sont, alors, des manières de consuls qui ne manquent pas d'être très documentés sur la catégorie de gens qui leur est confiée.
Un peu sur tous les marchés importants et à Médine en particulier, l'on trouve également des sortes de courtiers, appelés lefe (c'est-à-dire « intermédiaires »). En principe, le iefe n'héberge pas l'étranger, mais souvent il se charge de sa marchandise et la lui place; en tout temps, le iefe opère même pour les gens du lieu qui, n'ayant pas les loisirs ou les qualités pour faire du commerce, ont recours à ses services : il devient ainsi dépositaire avec pouvoir d'échanger ou de vendre au mieux, ou dans des conditions que l'on lui fixe. Le lefe touche pour son entremise une somme d'ordinaire préfixe ; parfois, cette rémunération lui revient automatiquement, pour ainsi dire, car la marchandise lui est laissée pour un certain prix; ce qu'il la revend en plus de ce prix constitue son salaire, qui est alors à proprement