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88 MONOGHAl'Ult; DES KHASSONK.K ne sont pas toujours uniformes dans leur contexture.
L'espace libre entre deux lu forme la voie commune, qui est la rue dans son état primitif; on conçoit que, née de circonstances le plus souvent fortuites, la rue est très variable de largeur et d'allure; parfois étroite, tortueuse et sans issue, parfois large et aboutissant à une place qui n'en est qu'un épanouissement. D'ailleurs comme Ton prend les matériaux nécessaires pour édifier les constructions dans l'endroit le moins éloigné possible, il n'est pas rare de voir à proximité de la \oie et des habitations des trous d'où l'on a extrait la terre. Ces excavations profondes mais peu larges, ou inversement, sont souvent transformées en dé-potoirs des ordures ménagères et, en hivernage, en mares pestilentielles.
Par tout ce qui précède, il est facile de comprendre combien le village est, en général, d'aspect peu engageant; tout s'\' révèle désordonné, incohérent, disparate. Seule, la place publique, le bera litt. lieu où l'on se rencontre, où l'on se réunit! est agréable avoir, quand elle est propre et bien ombragée, ce qui n'est pas rare. C'est le lieu où les hommes oisifs aiment à se tenir dans la journée : pour eux, à l'abri des arbres, se dresse fréquemment une manière d'estrade sur laquelle ils s'installent pour faire la sieste ou bavarder. Le soir, les « jeunes » organisent, sur le bera, des veillées où, à la lueur tremblotante d'un feu de tiges de mil sèches, les gargons lutinent les filles, leur racontent des histoires drôles ou territiantes ; ou bien encore tout ce monde se trémousse au bruit des tamtams jusqu'à une heure assez avancée.
A proximité du village se trouvent les jardins, soit au bord du marigot, s'il \- en a un, soit dans le voisinage des puits. L'on y cultive du tabac, des poivrons, des oignons, des courges. Pour éviter les déprédations des animaux, chacun entoure son petit coin avec des épines. Quand il v a un cours d'eau, si le \illage est un peu po-