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THE EGYPTIAN SUDAN " derobai ainsi aux arabes la vue de I'or. Je descendis de la " pyramide ; tous les ouvriers se presserent autour de moi pour " voir ce que j'avais trouve. Mais je montrai de la fermete, et " ayant saisi mes armes, je leur ordonnai de continuer leurs travaux. " Quand ces negres aper9urent les armes, ils s'enfuirent pre-" cipitamment, parce qu'ils croyent que la seule vue des armes " sufftrait a leur donner la mort. Le soir, lorsque les negres se " furent retires dans leurs cabanes, et que nos domestiques etaient ** profondement endormis, M. Stefani et moi nous examinames ** avec plus d'attention cette grande quantite d'objets precieux "dont la vue remplit mon coeur d'une joie inexprimable. (Cette *' riche collection forme la plus grande partie de mon catalogue.)

** Je fus surpris de la quantity et de la beaute des ouvrages en or, " et je reconnus qu'ils devaient surpasser de beaucoup tous ceux " de ce genre qui existent dans les differens musees de I'Europe.

** Quant aux pierres gravees, je jugeai qu'elles pouvaient, non seule-" ment approcher des meilleurs ouvrages des grecs, mais meme les " surpasser. Pendant queje me livrais ainsi aux douces emotions " que me causait naturellement cet evenement aussi heureux qu'in-" attendu, je remarquai une grande tristesse empreinte sur la " figure de mon ami. Je lui en fis I'observation et il me repondit " qu'ayant tout a redouter de la cupidite des noirs, il croyait que " nous ferions bien de nous enfuir avec nos tresors. Mais moi " qui depuis cinq ans etais habitue a faire la guerre a ces barbares, " et qui connaissais leur lachete, je refusal cette proposition ; je " courais d'ailleurs la chance de faire de nouvelles decouvertes. " Je rassurai done mon ami et je proposal d'enfouir nos tresors " dans le desert : en effet, nous creusames une fosse k peu de " distance de notre tente, nous y pla9ames nos objets precieux, et " nous lescouvrimes de terre et de sable. Le lendemain, au point " du jour nous revinmes a la pyramide ; tous nos ouvriers etaient "accourus k I'ouvrage ; ils n'etaient pas moins de 500. Quoique " je n'eusse pas besoin de tant de monde pour les travaux de la " grande pyramide, je jugeai prudent de ne pas indisposer ces " gens en renvoyant les nouveaux ouvriers: j'ordonnai qu'on fit "des fouilles dans les environs, mais ce fut sans resultat " En continuant le rcit de la d(5molition de la grande pyramide, " je dirai que, I'ayant debarrassee des materiaux qui formaient la " petite cellule ou etaient la table et le tresor, je trouvai que le " reste etait construit en grosses pierres assemblees par une espce " de ciment compose de terre petrie. Cette construction compacte " rendait I'opration extremement difficile. Nous employames " quinze jours a demolir la pyramide depuis le point A, jusqu'a la " hauteur B. Dans cet espace nous ne trouvames que de la paille " du desert tressee en maniere de cordes, et des morceaux de bois '* qui avaient la forme de maillets ; tous ces objets etaient presque " detruits. A la hauteur B, c'est-a-dire au centre de la pyramide, " etait une niche ou cellule, formee de trois blocs de pierre. Nous " enlevames ces blocs et la premiere chose qui se presenta a nous, .18 I

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