24 LA CHUTE DE KHARTOUM.
forLifications et de la part des batteries flottantes. Ce manque de vigueur ne peut avoir son explication que
dans les deux hypothèses suivantes :
1° Le défaut de munitions, qui n'aurait cependant eu
d'autre conséquence que l'obligation de faire usage de
l'arme blanche avec opiniâtreté;
2° L'ouverture des portes de la ville par tromperie
et trahison.
Or nous savons pertinemment qu'il y avait des muni-
tions de guerre dans Khartoum, non pas à suffisance,
mais à profusion ; vous le constaterez par les déposi-
tions des témoins que j'aurai l'honneur de vous présen-
ter. Il nous est donc absolument imposé de conclure
que Khartoum est tombé par les effets de la ruse et la
trahison.
Ce n'est pas tout. En considérant attentivement les
conditions dans lesquelles l'assaut a été donné, nous fai-
sons les remarques suivantes :
1° L'assaut a eu lieu par surprise et subitement; au moment où il s'est produit, les rebelles n'ont même pas
tiré le canon pour protéger leurs hordes assaillantes;
c'est pourtant ce que leur commandait l'art militaire en
pareil cas. Le succès n'est assuré, dans ces conditions,
que si la défense néglige une vigilance essentielle;
2° La non-utilisation des mines, alors que les assail-
lants étaient sur le terrain même où elles avaient été
placées;
3° Au moment de l'assaut, le clair de lune était écla-