AUDIENCE DU li JUIN. 23
sud-est, domine un parcours de 1,200 mètres et s'étend
jusqu'à Touti.
Le fort d'Omdourman , situé sur la rive Ouest du
Nil Blanc, protège de ses feux la partie comprise entre ce
dernier fort et celui du Makran.
Le fort Nord défend la rive Est du Nil Bleu, le Palais
du Gouvernement et l'aile Est de la ligne de fortification.
Le fort Makran, par ses feux, vient en aide à la dé-
fense de l'aile Ouest de la ligne de fortification et de la
rive du Nil Blanc de ce côté.
Enfin des batteries flottantes (placées sur des barques)
concouraient encore à la défense des deux ailes de la
ligne de fortification.
En cet état, l'accès de la ville ou sa prise était, non
pas impossible, mais difficile, alors même que les assié-
geants auraient disposé d'une armée régulière, expéri-
mentée dans l'art de la guerre et munie de tout l'attirail
nécessaire d'armes, de munitions et de ponts.
La prise de Khartoum était si difficile qu'on peut
dire qu'elle était impossible pour des Soudanais révoltés
qui, très impétueux dans les assauts, étaient dépourvus
du matériel nécessaire pour franchir un fleuve comme
le Nil et des fossés, pour des hommes ignorant l'art des
manœuvres, des assauts même, etc., etc.
Les travaux du génie du côté Sud avaient été exécutés
précisément dans le but d'empêcher ou de retarder un
assaut, dans le cas où les rebelles auraient eu l'intention
de pénétrer de vive force dans la ville.
La chute de Khartoum ne peut donc avoir eu pour cause
qu'un manque de vigueur dans la défense sur la ligne des