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12 AVANT-PROPOS.

vait : « La question est maintenant d'arriver à tirer de

Khartoum le Général Gordon et le Colonel Stewart ^ »

Mais le Mahdi se rapprochait. Le flot barbare mena-

çait Khartoum. Les événements se précipitaient. Gordon

était homme d'action; il redevint lui-même et fut admi-

rable. Sa grande figure domine le dénouement tragique

de cette aventure et s'impose au respect de tous. Il n'est

pas dans l'histoire de caractère plus noble et plus cheva-

leresque, de courag'e plus haut, d'abnégation plus tou-

chante et plus sublime.

Lord Granville hésitait à secourir Gordon. Le Parle-

ment l'elTrayait. Il fit savoir à Gordon qu'il ne pouvait

compter ni sur des forces anglaises, ni sur des forces

turques, — mais que d'ailleurs sa reconnaissance lui était

acquise.

Gordon n'avait plus à prendre conseil que de lui-même

et des circonstances, à vaincre ou à mourir...

Khartoum était investi et séparé du monde civilisé.

Avril, mai, juin, juillet s'écoulèrent. A de longs inter-

valles, des nouvelles dues à quelque heureux hasard, par-

venaient au Caire ou sur les bords de la mer Rouge. Elles

donnaient une impression douloureuse et presque fantas-

tique; on en fx'issonnait. Gordon était vivant et Khartoum

tenait bon.

1. Sir Evclyn Baring ù Lord Granville, 24 mars.

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