10 AVANT-PROPOS.
et régira ses propres affaires sans que le Gouvernement
Egyptien s'en mêle en aucune façon.
« Je proclame une amnistie et je vous rends les privi-
lèges dont vous jouissiez sous le régime de Saïd-Pacha.
Je vous informe que S. M. le Sultan, le Très Elevé, a^'ait
résolu d'envoyer ici des soldats Turcs, les célèbres et
vaillants conquérants. Mais Sa JNIajesté, ayant appris vos
souffrances et la compassion qu'elles m'inspirent, m'a
envoyé, à grand péril, soutenu par ma foi dans le Dieu
de toute l'humanité, pour empêcher en son nom que la
guerre éclate entre Musulmans.
« Votre tranquillité est notre unique but. Comme je
sais que a'ous êtes attristés au sujet de l'esclavage qui
existait parmi vous, et des ordres formels donnés par le
Gouvernement pour l'abolir, et des peines portées contre
ceux qui font le commerce des esclaves, et des mesures
prises à ce sujet, toutes choses réglées par firmans impé-
riaux et que vous connaissez bien, — j'ai décidé qu'à
l'avenir personne ne se mêlera de vos affaires à cet égard,
et que chacun pourra à sa volonté prendre un autre homme à son service. Il n'y aura pas de règlements pour
l'en empêcher; il fera ce qu'il jugera à propos sur cet
objet, sans l'intervention de quiconque. En foi de quoi
j'ai donné cet ordre.
« Ma compassion pour vous.
« Signé ; Gordon-Pacu.v. »
Et depuis lors?...
Le G février, Gordon fait part à Sir Evelyn Baring,
stupéfait, de son intention de se rendre personnellement