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AVANT-PROPOS.

question d'ordre militaire en Egypte, au lendemain de

son heureuse expédition contre le rebelle Arabi, paraît

naturelle; mais, en réalité, le caractère que prend cette

intervention, dans le récit de Gordon, la rend trou-

blante.

Il est impossible de suspecter la bonne foi de Gordon;

il ignorait donc l'état véritable des choses au Soudan; ses

contradictions ont été le résultat de ses angoisses en face

des situations brutales et poignantes qui se sont révélées

à lui par des coups de surprise. Il ne croyait pas à la

force de l'insurrection. Les Soudanais, disait-il, sont les

meilleures créatures de la terre. Ils méritent la pitié et la

sympathie. Il ne serait pas impossible de s'arranger avec

le Mahdi; c'est probablement un simple pantin dont

les parents et alliés de Zuber tiennent les ficelles! Sur

les vingt-cinq ou trente mille hommes qui peuvent se

trouver réunis à El-Obéid, à peine trois ou quatre mille

oseraient-ils traverser le Nil, et ceux-là sont principale-

ment des déserteurs nègres de l'armée égyptienne, qu'on

pourrait aisément faire rentrer dans le devoir en leur

assurant une amnistie.

« Je ne crois pas, écrit-il à M. Barne, le 1°'' février, au

prétendu mouvement offensif du Mahdi, qui est le neveu

d'un de mes vieux guides du Darfour, le meilleur compa-

gnon de la terre... » — Et le 8 février, d'Abou-IIamcd :

« Ces peuples sont parfaitement tranquilles et pleins

d'espoir. La défaite de Ilicks a évidemment fait beau-

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