Sudan Archive

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AVAM-PROPOS. 7 Notez que personne ne me savait de retour. Dans l'aprèsmidi, Wolseley vint me prendre et me mena au Conseil.

Il y entra d'abord seul, causa avec les ministres, puis vint me rejoindre et me dit : « Le cabinet désire que vous entendiez bien qu'il est décidé à évacuer le Soudan, et qu'il ne saurait garantir le futur Gouvernement de ce pays. Etes-vous prêt à partir dans ces conditions? » Je dis : « Oui. » — « Venez donc », reprit-il alors, et il m'introduisit dans la salle du Conseil. On me demanda : « 'olseley vous a-t-il communiqué nos instructions? » Je répondis : « Il m'a dit que vous n'entendiez pas garantir le futur Gouvernement du Soudan et que vous désiriez m'y envoyer pour diriger l'évacuation. » — « C'est cela même », me fut-il déclaré. — Ainsi se termina l'affaire. A huit heures du soir, je pris le train pour Calais... » Des amis de Gordon ont apprécié sévèrement le rôle de Lord Wolseley dans cette tragi-comédie. Ils l'ont considéré comme le meneur de l'affaire et ils n'ont pas craint d'entrevoir une arrière-pensée dans le cerveau de l'illustre Général. S'il tenait au départ de Gordon, ont-ils dit, ce n'était pas pour assurer l'évacuation, mais bien parce qu'il savait Gordon capable de l'empêcher... « Soit qu'il ait voulu, selon l'ordinaire usage des chefs militaires, se tailler un rôle en Afrique, — soit qu'il ait cru sincèrement servir les véritables intérêts de son pays, — le vrai coupable, c'est lui * ! » Cette appréciation violente est trop exclusive. L'intervention de Lord Wolseley dans une 1. Lettres de Gordon à sa sœur, publiées par Philippe Daryl, in fine.

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