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6 AVANT-PROPOS.

La lettre qu'il adressait à la même date à j\I. Barne

est aussi explicite et plus caractéristique :

« En mer, 22 janvier 188 i.

« Mon cher monsieur Barne, votre lettre écrite le jour

de l'Epiphanie ne m'a pas échappé; mais je vous ai vu

depuis lors. Le bon larron était à droite, — du côté de la

blessure; — c'est un point de plus que voilà fixé. Le

mauvais larron était à gauche.

« Je vous dois le récit succinct de ce qui s'est passé. Vous vous rappelez que Wolseley m'avait télégraphié

chez vous; mais sa dépêche ne m'arriva que le dimanche.

Elle disait : « Venez sur-le-champ. » Au moment où elle me parvint, j'étais énervé à tel point de tous ces tirail-

lements que je dis à ma sœur : « Je vais me sauver à

Bruxelles, pas plus tard que mercredi (le 16 janvier). »

Je répondis donc à Wolseley : « Je vous verrai mardi 15,

et le 16 je partirai pour Bruxelles. » A deux heures, le

mardi, j'étais au rendez-vous. Je restai avec ^^'olseley ou

dans son cabinet, de deux heures à cinq heures, pendant

qu'il catéchisait les ministres. Ils n'arrivèrent pas à

prendre une décision. Sur quoi je dis : « Je pars pour

Bruxelles. » Personnellement, je n'avais pas eu affaire

aux ministres. Le mercredi matin, me voilà donc parti

pour Bruxelles, où j'arrivai le soir. Le jeudi à midi,

nouveau télégramme de Wolseley : u Revenez sur

l'heure. » Je vis le roi, qui n'aimait pas du tout ce nou-

veau projet de départ pour le Soudan, et à huit heures

du soir, je repartis pour Londres, où j'arrivai le ven-

dredi matin à six heures. A huit heures j'étais chez

Wolseley. Il me dit que rien n'était encore décidé, mais

que les ministres me recevraient à trois heures et demie.

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