4 AVANT-PROPOS.
« Effectuer révacuation de ces provinces, assurer la
retraite des troupes, des employés civils et des habitants
qui désireraient se réfugier en Egypte... Adopter les
mesures les plus propres à l'accomplissement de ce man-
dat, et, après avoir effectué l'évacuation, faire le néces-
saire pour établir un Gouvernement stable dans les diffé-
rentes provinces du Soudan, pour y assurer le maintien
de l'ordre, en fermant l'ère des désastres et des révoltes. »
Au profit de qui ce Gouvernement stable, succédant à
l'autorité égyptienne, devait-il être constitué? Le Firman
ne le dit pas, et il est permis de croire que l'équivoque
ne répugnait pas aux mandants de l'infortuné Gordon.
Était-il sage d'évacuer le Soudan?
Cette résolution était-elle conforme aux intérêts de
l'Egypte?
Était-il humain de rendre à la barbarie la plus gros-
sière et la plus honteuse un territoire qui s'étend d'As-
souan aux lacs Albert et Victoria, de la mer Rouge au
Sahara et au Darfour, un territoire dont la superficie
dépasse celle de la France, de l'Espagne et de l'Allemagne
réunies?
L'évacuation était-elle possible au commencement de
l'année 1884*? Les garnisons égyptiennes comprenaient
1. Sir Samuel Baker avait dit : Non ! — et le Colonel Watts
Russell de Coëtlogon avait écrit de Khartoum, en décembre 1883 :
'< La retraite est encore possible. Elle ne le sera plus dans quelques
semaines. »