2 AVANT-PROPOS.
d'Abd-el-Kader-Pacha, en 1882, il ne i^estait que le sou-
venir. El-Obéid avait succombé; Hicks-Pacha et ses onze
mille hommes avaient été extei^minés à Kasghel (5 no-
vembre 1883). Bei'ber et Souakim n'avaient plus leurs
communications. Un détachement égyptien commandé
par le Capitaine Montcrief avait été massacré à Tokar
(6 novembre 1884) et, dans les premiei^s jours de dé-
cembre, une colonne de secours envoyée à Sinkat était
anéantie.
Tout espoir d'étouffer un mouvement aussi formi-
dable semblait perdu ; on ne parlait plus que d'évacuer le
Soudan.
Une chose est certaine; le Gouvernement Britan-
nique et Sir Evelyn Baring i, avec des incertitudes
marquées dans l'accomplissement de leur programme,
n'ont pas cessé de vouloir l'évacuation des Egyptiens. A Londres, les Ministres de la Reine se sont bornés
d'abord à confier à Gordon une mission de renseigne-
ments.
« La mission du Général Gordon, écrit Lord Gran-
ville à Sir Evelyn Baring, est entièrement pacifique et ne
doit entraîner aucun mouvement de troupes anglaises...
1. Sir Evelyn lîaringa toujours clé partisan de ré\'acuation. 11
la conseillait au Gouvernement de S. A. le Khédive, pour des rai- sons financières, dès 1879, — alors qu'il exerçait, pendant le Con- dominium anglo-français en lîgypte, les fonctions de Contrôleur
Général.