Facsimile · p. 544
```markdown 92 De là à Çà', petite ville ruinée par les Macmouda, située au pied d'une colline, sur une grande rivière qui la traverse, 1 journée. De là à Tornâna (Barçâna), place forte avec un marché florissant, des vignes et des jardins bien arrosés, 1 journée. De là à al-Alawiin, gros bourg situé sur une grande rivière qui vient du midi, où les fruits sont excellents et abondants, 1 journée. De là à Tlemcen (Tilimsân), 1 faible journée. Tlemcen est une ville très ancienne, entourée d'une forte muraille et divisée en deux quartiers, séparés l'un de l'autre par un mur ¹). Son territoire est arrosé par une rivière qui vient d'aç-Çakhratain (les deux rochers ²), montagne où s'é-lève un fort qu'avait fait construire le Macmoudi (Abdo'l-Moumin), antérieurement à la prise de Tlemcen, pour y résider pendant le siége. Cette rivière passe à l'est de la ville, fait tourner plusieurs moulins et arrose les champs situés sur ses bords. On trouve à Tlemcen toutes choses en abondance et à bon marché, beaucoup de fruits et surtout de la viande excellente; on y fabrique des objets d'un débit facile, et on s'y livre avec succès au commerce; ses habitants sont les plus riches du Maghrib, en exceptant ceux d'Aghmât et ceux de Fèz. En effet, la ville Abou'l-Aich en 259, etait la résidence de son fils al-Hasan ibn abu'l-Aich (comp. ma Descript. al-Magr., p. 97). Toutefois je dois faire remarquer que la rivière sur la quelle cette ville est située, s'appelle bis, nom qui présente une certaine analogie avec le قيس ابين du texte. 1) Comp. Ibno'l Athir, X. p. ff.. 2) Ici la version latine, (p. 79) contient un passage qui manque dans nos quatre mss., et que nous croyons devoir transcrire «Atque in isto monte, contra mentionalem urbis plagam portecto, sunt vineae, et ad ejus radices molendinae secus ingentem rivum aquae dulcis rapidaeque, qui rivus appellatur Rîvus Annastani (Christian). Ad hunc rivum estructa sunt monasteria, oratoria abaeque religiosorum aedificia, cum viridaris amplissimis, et nominatur bis rivus ille Altuara (scaturigo), et indo ad urbem usque se extendit. Non longe ab eadem urbe extat fons celebus, Om-lahu ductus, e quo rivus in urbem influens concluditur in Lecem, ac tum dispensatur in domos, irrigationes hostorum, balnea, cauponas et sandia. Comp. Hartmann, p. 192 et suis. ```