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109 Les habitants de tous ces lieux vivent avec les Arabes dans un état de trêve qui n'empêche pas qu'il ne s'élève entre eux des rixes individuelles dans lesquelles l'avantage reste ordinairement aux Arabes. En effet, les troupes locales ont les mains liées, tandis que leurs adversaires peuvent impunément leur causer du dommage, car les Arabes exigent continuellement le prix du sang, tandis qu'eux-mêmes ne le payent jamais.
D'al-Masila on se rend à Tobna en 2 journées. Tobna est la capitale du Zâb; elle est jolie, bien pourvue d'eau, située au milieu de jardins, de plantations de coton, de champs ensemencés de blé et d'orge, et entourée d'une muraille de terre. Ses habitants, qui sont un mélange de diverse peuplades, se livrent avec succès à l'industrie et au négoce. On y trouve des dat tes en abondance, ainsi que d'autres fruits.
D'al-Masila on se rend à Maggara, petite ville, où l'on cultive des céréales et beaucoup de lin, 1 journée. De Maggara à Tobna, 1 journée. De Tobna à Bougie, on compte 6 journées. De Tobna à Bâghây (Baghāya), 4 journées. De Tobna, en se dirigeant vers l'est à Dâr Malloul, 1 forte journée. Cette ville était autrefois très peuplée et très commerçante; ses champs sont cultivés, et du haut de la citadelle on peut apercevoir une étendue de pays considérable, et observer les mouvements des Arabes qui rôdent dans cette contrée. Les habitants de Dâr Malloul boivent de l'eau de source.
Entre cette ville et Nigâous, 3 journées. A une forte journée de Dâr Malloul s'élève la montagne d'Aurâs. La distance de Dâr Malloul à al-Cal'a est de 3 journées.
Quant à l'Aurâs, on considère cette chaîne de montagnes comme fai- 94 sant partie de celles de Daïan (l'Atlas) du Maghrib occidental. Sa con-