Facsimile · p. 463
175 prophètes, tels que Joseph, Jacob et les douze patriarches, sur qui soit le salut !
A 6 milles de Miçr, on voit les deux pyramides. Elles furent construites sur un plateau uni, et l'on ne voit dans les environs aucune montagne contenant de la pierre à bâtir. La hauteur de chacune d'elles, à partir du sol, est de 400 coudées, et sa largeur, tout autour, 146 est égale à la hauteur. Le tout est construit avec des blocs de marbre de 5 empans de haut, sur 15 ou 10 de long, plus ou moins, selon que l'architecture l'exige. A mesure que l'édifice s'élève au-dessus du niveau du sol, ses proportions se retrécissent, en sorte que sa cime offre à peine l'espace nécessaire pour faire reposer un chameau. Celui qui veut se rendre aux pyramides, par terre, passe à al-Djiza par le pont, puis au village de Dahchour, où est la prison de Joseph (sur qui soit la paix !), 5 milles. De Dahchour on vient aux deux pyramides. La distance qui les sépare l'une de l'autre est d'environ 5 milles, et des pyramides au point le plus voisin de la rive du Nil, on compte 5 milles. Sur les parois de leurs murs, on voit des inscriptions en partie effacées, et dans l'intérieur de chacune d'elles est un chemin où l'on peut passer. Entre les deux pyramides, il existe un chemin assez large creusé sous terre et donnant passage de l'une à l'autre. On dit que ces monuments sont des mausolées de rois, et qu'avant d'être employés à cet usage, ils servaient de greniers à blé.
A l'ouest de Miçr, et à 2 journées de distance de cette ville, est celle d'al-Faiyoum, qui est grande et entourée de vergers, de jardins et de champs cultivés. Elle est bâtie sur les deux rives de la rivière d'al-Lâhoum, dont l'origine est, d'après ce qu'on rapporte, que Joseph dériva à son usage deux canaux destinés à recevoir les eaux au temps de la crue, et à les conserver constamment. Il consolida ces ouvrages au moyen de pierres disposées en couches les unes au-dessus des autres. Le territoire d'al-Faiyoum est fertile, abondant en fruits, en céréales, et particulièrement en riz, qu'on y cultive par préférence aux au-