Sudan Archive

Open the original scan

174 Au midi d'al-Fostât ost le village de Menf (Memphis), et au nord la ville dite Ain Chams; l'un et l'autre sont peu considérables et situés vis-à-vis le mont d'al-Mocattam. On dit que c'étaient des lieux de plaisance de Pharaon, sur qui soit la malédiction divine !

Menf est aujourd'hui, en majeure partie, ruinée. Ain Chams subsiste et est habitée. Elle est située au pied de la montagne d'al-Mocattam. Non loin de là, au sommet du Mocattam, est un lieu connu sous le nom de Tannour Fir'aun (fournaise de Pharaon). Il y avait un miroir tournant au moyen d'un mécanisme. Lorsque le roi sortait de l'une des deux villes, c'est-à-dire, de Menf ou d'Ain Chams, il faisait monter dans cet endroit un homme qui disposait le miroir de manière que le roi pût toujours voir son propre image et n'oubliât pas un instant la dignité de ses manières ¹).

Aux environs d'al-Fostât le crocodile n'est point un animal nuisible; on dit même que, soit qu'il descende de l'Égypte supérieure, soit qu'il remonte le Nil, parvenu à al-Fostât, il nage, renversé sur son dos, jusqu'à ce qu'il ait dépassé cette ville. On ajoute que c'est l'effet d'un talisman; c'est ainsi que le crocodile n'est point nuisible du côté de la rive de Boucir, tandis qu'il l'est du côté de la rive d'al-Achmouni, bien qu'il n'y ait entre ces deux lieux que la largeur du fleuve (qui les sépare). Rien n'est plus surprenant.

A Ain Chams, du côté d'al-Fostât, croît le bal'san 2), plante dont on extrait le baume. On ne connaît pas au monde d'autre lieu qui produise cette plante. Au-dessous d'al-Fostât est la métairie de Sirou, très considérable, et où l'on fabrique de l'hydromel très renommé. Au territoire d'al-Fostât touche le Mocattam où sont les tombeaux de divers ¹) Jaubert, qu lit avec A. et D. عمتتر ، traduit: «de manière que l'image du roi fut toujours devant les yeux des habitants, et qu'en aucun temps la crainte respectueuse qu'il inspirait, ne cessa d'exercer sur eux son empire.» 2) Le territoire où cette plante croît s'étend à l'est jusqu'à al-Matariya, v. le Merdeid, III, p. 110.

Text produced by OCR — report an error