Facsimile · p. 451
187 dont l'un était un homme pieux, l'autre un mécréant ingrat. Comme ce dernier se vantait du grand nombre de ses possessions et de ses enfants, son frère lui dit: je ne vois pas que tu rends grâce à Dieu pour tout ce qu'il t'a donné. Le mécréant (enragé de cet avertisse- 187 ment) prit à son frère tout ce qu'il possédait, on dit même qu'il prononça contre lui une imprécation. Alors Dieu noya dans la mer tout ce qu'il avait, dans une seule nuit, sans qu'il en restât la moindre trace.
Ce lac a peu de profondeur. On le traverse (presque partout) sur des bacs. On y rencontre (quelquefois) deux bâtiments s'éloignant l'un de l'autre, voguant en sens contraire à pleines voiles par le même vent, et se croisant avec une égale vitesse.
Quant à Damïette, c'est une ville bâtie sur les bords et à une certaine distance de la mer. On y fabrique des étoffes admirables de l'espèce dite dabiki et d'autres qui, pour la perfection du travail, approchent de celles de Tennis. Le bras du Nil sur lequel Damïette est située est dérivé de celui qui descend à la ville de Tennis, et son point de départ est au-dessous de Tarkhâ dont nous avons déjà parlé. Celui qui, partant de Miçr, désire s'y rendre, passe par les villes, bourgs et lieux habités dont nous avons donné l'énumération, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à Tarkhâ. Prenant ensuite la branche occidentale du Nil qui coure à Damïette, il parcourt, en descendant, 10 milles jusqu'à Damira, petite ville située sur la rive occidentale du canal, où l'on fabrique de belles étoffes destinées à l'exportation, et où il se fait beaucoup de commerce; de Damira, en descendant le canal, à Chirinçâs, ville petite, belle et florissante dont les habitants se livrent à l'industrie et à l'agriculture, située sur la rive occidentale, 17 milles. De là à Charimsâh, petite ville florissante où il se fait un commerce très actif, 20 milles. De là à Monyato'l-Oloc, village bien peuplé, où l'on trouve des pressoirs à sucre et des productions de la terre en abondance et qui