Facsimile · p. 424
214 D'Algéyiras à Séville il y a deux routes, l'une par eau, l'autre par terre. Voici la première: D'Algéyiras aux bancs de sablo, qui se trouvent dans la mer, et de là à l'embouchure de la rivière de Barbate ¹), 28 milles. De là à l'embouchure de la rivière de Becca ²), 6 milles. De là au détroit qui porte le nom de San-Pedro, 12 milles. De là à al-Canàtir (les Ponts), vis-à-vis l'île de Cadix (l'île de Léon), 12 milles. (La distance entre ces deux points est de 6 milles.) D'al-Canàtir à Ràbita Rota, 8 milles. De là à al-Masàdjid (San-Lucar ³)), 6 milles. Ensuite on remonte le fleuve en côtoyant le port de Trebujena ⁴), al-' 'Otouf, Cabtôr, Cabtàl (Cabtôr et Cabtàl sont deux villages situés au milieu du fleuve) ⁵), l'île de 'Yenechtéla ⁶), al-Hiçn az-Zàhii ; puis on arrive à Séville. De cette ville à la mer on compte 60 milles.
Quant à la seconde route (la route par terre), elle est comme il suit : D'Algéyiras on se rend à ar-Rataba ⁷), puis à la rivière de Barbate, 1) C'est la rivière qui coule près d'Alcala de los Gazules, et qui va se jeter dans l'Océan en se dirigeant vers le sud. Voyez Mado, article sur Alcala de los Gazules. 2) Le Salado, entre Vejer de la Frontera et Conil. 3) Al-Masàdjid signifie les mosquées, mais proprement les endroits où l'on adore, et je crois que le nom d'al-masàdjid ne désigne pas ici des mosquées, mais d'anciens temples païens. En effet, l'endroit qu'on appelle aujourd'hui San-Lucar était sacré sous la domination romaine et s'appelait Hesperi Arae, Luculeri fanum et Solis Lucus (voyez Mado, All, p. 747). De ce dernier mot on a formé Solucar (voyez Barrantes Maldonado, Illustraciones de la casa de Niebla, dans le Memorial histor. esp, IX, p. 177), et plus tard Solucar est devenu San-Lucar. 4) L'ancienne prononciation espagnole était : Teriabuxena, voyez Barrantes Maldonado, loco cit. Probablement la syllabe تحتر est turre, torre (tour). 5) Ce sont les deux iles qui portent aujourd'hui les noms d'Isla mayor et d'Isla menor. Voir de Gavangos, Hist. of the Mohammedan Dynasties in Spain, I, p. 363. 6) Je ne sais si j'ai bien prononcé ce nom. 7) Les novelles sont incertaines.