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245 Celui qui veut se rendre de cette dernière ville à Grenade d'Elvire, doit faire d'abord 6 milles pour parvenir à Pechina, ville qui a été avant Alméria la capitale de la province ¹), mais dont la population s'est transportée à Alméria, et dont il ne reste plus maintenant que les ruines et la mosquée cathédrale qui est isolée. Autour de Pechina sont des vergers, des jardins, des maisons de campagne, des vignobles et des champs cultivés, qui sont la propriété des habitants d'Alméria. A droite et à 6 milles de Pechina est Alhama, forteresse située sur le sommet d'une montagne. Les voyageurs dans les pays lointains rapportent qu'il n'en est point au monde de plus solidement construite et qu'il n'est point de lieu dont les eaux thermales aient le même degré de chaleur. De tous côtés il y vient des malades, des infirmes; ils y restent jusqu'à ce que leurs maux soient soulagés ou totalement guéris. Les habitants de la ville (d'Alméria) venaient jadis s'y établir, dans la belle saison, avec leurs femmes et leurs enfants; ils y dépensaient beaucoup d'argent pour leur nourriture, leur boisson etc., et le loyer d'une habitation s'y élevait quelquefois jusqu'à trois dinars (moravides) par mois. Les mon- 201 tagnes voisines d'Alhama sont en totalité formées de gypse. On en extrait cette substance, on la brûle et on la transporte à Alméria pour être employée à lier les pierres des édifices et à les plâtrer. Elle s'y vend à très-bon marché à cause de son abondance.

De Pechina au bourg des Beni-Abdous (Benahadux), 6 milles. De là à Mondujar ²), lieu où est une auberge pour les voyageurs qui ¹ ) A l'époque où Ibn-Ilancal visitait l'Espagne, Alméria était déjà la capitale de la province de Pechina. Il dit que toutes les villes de l'Espagne sont anciennes, à l'exception de deux qui ont été bâties par les Arabes, à savoir: المدينة بكا نة و هي العربية, et Santarem. Ibn-Haiyân donne des dé-tails extrêmement curieux sur l'histoire de Pechina; mais son récit est beaucoup trop étendu pour que je puisse le reproduire ici. Je me bornerai donc à remarquer qu'il faut se méfier du maigre extrait donné par M. Samonct (Description etc. p. 98). ²) Comptez Simonet, Description etc. p. 104. note.

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