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264 hautes fortifications. Ses habitants sont braves et toujours prêts à attaquer leurs ennemis. Les montagnes et les plaines environnantes produisent une espèce de chêne¹) portant un fruit qui surpasse en qualité tous les autres; aussi les habitants de ce lieu soignent et cultivent cet arbre, parce que ses fruits sont fort utiles dans les années de disette. De Pedroche à Ghâfic, 7 milles.
Ce dernier fort est un bon lieu de refuge; ses habitants sont braves, courageux, et entreprenants. Souvent, lorsque les chrétiens ont fait une incursion dans le pays des musulmans, ceux-ci s'en remettent aux ha-1) J'ai hésité longtemps à traduire بلوط par chêne. C'est sans doute l'acception ordinaire du mot, et l'auteur peut avoir eu en vue le Quercus esculus ou le Quercus ilex, qui portent en effet des glands doux et bons à manger; mais d'un autre côté, Pedro de Alcala traduit castana pilada et pilada castana par بلوط, au plur. بلوط . Ces mots espagnols signifient chataigne sèche, et l'on voit que بلوط , le nom de la ville qui s'appelle aujourd'hui Pedroche, est devenu un appellatif qu'il faut ajouter aux dictionnaires. Or, comme Edrisi parle justement de Pedroche, il serait naturel de supposer qu'il a en vue des châtaigniers et non pas des chênes. Joignez à cela que Marcel traduit chataigne par بلوط سنديان , tandis que nos dictionnaires ne donnent à سنديان que le sens de chêne, de même qu'à بلوط . On peut remarquer en outre que d'autres langues présentent des analogues. En grec, par exemple, βαλανός signifie gland, mais Διός βάλανoς, βάλανoς Ζαφδισανῦ et βάλανoς Ἐπιβοῖχαλ sont des châtaignes, et chez les jurisconsultes romains le mot glans désigne tous les fruits qui ont quelque ressemblance avec le gland. Toutes ces raisons nous autoriseraient donc à traduire ici بلوط par châtaignier; cependant je n'ai pas osé le faire: 1°. parce que qu'Edrisi, quand il parle du châtaignier, l'appelle par son nom véritable, شابلوط , comme dans ce passage, Clim. VII, Sect. 3: و لكلهم تمر البلوط و الشابلوط parce que, s'il s'agissait de châtaignes, l'auteur n'aurait pas signalé, comme une chose très-remarquable, la coutume de manger de ce fruit; 3°. parce que Rási (p. 51) dit aussi: « Et lo demas desta tierra no ha y otros arboles sinon encinas, et por esso la llaman el llano de las vellotas en Espanya. » Toutefois, quand on compare le renseignement fourni par Pedro de Alcala, il faut dire que Pedroche était renommé aussi bien par ses châtaigniers que par ses glands doux. Ces derniers venaient aussi de Xeres, car chez Pedro de Alcala carrasco arbol de bellotas (yeuse, chêne vert) et coscoja en que nace la grana (yeuse qui porte la graine d'écarlate) sont traduits par شريش , pl. شريش .