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313 orientaliste, M. Engelmann, a parlé de ce mot dans son Glossaire des mots espagnols dérivés de l'arabe (p. 70). Il adopte l'opinion de Cobarruvias; »c'est," dit-il, »de sa couleur bleuc (زرّقَاء) que cette substance a tiré son nom." Cependant le Mosta'ini, que M. Engelmann cite lui-même, aurait pu lui montrer qu'il se trompait. Voici ce qu'on lit dans ce livre (man. 15) à l'article : السرفون وهو الزرّدون: أَسْرَدُونٌ ; و هذا المحاجر بصنع من الاسرب بلنار حاجب السريج يحدث من : et ensuite; و هذا المحاجر بصنع من الاسرب بالنار الاسرب اذا ادخل النار واحمي عليه فيستكمل ويصير الى الحممرة Ainsi c'est la couleur rouge, et non pas la couleur bleue, qui est indiquée par زرقون. D'autres témoignages prouvent la même chose. Bocthor donne: vermillon, سلفون, سلفون, سلفون; Bergigren: vermillon ; زرّقون ; Humbert, p. 171: vermillon – سلفون – زارّقون (Alger). Nous croyons donc pouvoir dire que Cobarruvias n'a pas connu le véritable sens du mot asarcon, et que lui et ceux qui l'ont suivi ont été induits en erreur par la racine arabe زوق, d'où le mot زرقون ne dérive pas. En effet, on le retrouve en araméen. Le Mosta'ini, comme on l'a vu, donne la forme سرفون que Richardson a notée aussi, sur l'autorité du Borhâni çate', comme un mot syriaque, et Buxtorf (Lexicon Chald, Talmud. et Rabbin., p. 1558) donne ppvo, minium. Dans le grec du moyen âge on trouve συρίκον, rubri coloris pigmentum (voyez Ducange et le Trésor d'Henri Etienne), et on lit chez Pline (XXXV, 6): »inter factitios (colores) est et syricum, quo minium sublimi diximus; fit autem synopide et sandyce mixtis," avec les variantes sirucum, sirycium, siricum (voyez l'édition de Sillig). De tout cela il résulte que le mot en question était en usage, non-seulement en Asie, mais aussi en Europe, longtemps avant que les Arabes apparussent sur la scène du monde et commençassent à se civiliser. Ce n'est donc pas dans leur langue qu'il faut en chercher l'origine, car ils n'ont fait que l'emprunter à un autre peuple, mais cette origine reste douteuse. On pourrait sans doute comparer des racines sémitiques (voyez p. e. le Thesaurus de Gesenius sous שר, p. 1342), mais la terminaison est, on devrait être expliquée, et d'un autre côté nous avons le mot persan زرزقون , couleur de feu, qui conviendrait fort bien. زج (VII). Ce verbe, qui signifie être inquiet, agité, a aussi le sens de marcher avec précipitation et de là fuir précipitamment. PP

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