Sudan Archive

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49 2 LES FINANCES DE L’ÉGYPra ET DU SOLD\N la remarquable administration de lord Cromer, il n’en est pas moins évident que l’organisation internationale, qui fonc¬ tionne depuis bientôt vingt-cinq ans, donne une force et une stabilité singulières à l’édifice des finances égyptiennes; s’ima¬ giner que la destruction de la Caisse de la Dette serait le signal d’une ère encore plus brillante, est faire preuve de bien peu de prévoyance. Sans vouloir nous abriter derrière le vieil adage : (c Le mieux est l’ennemi du bien », nous pensons que l’heure est venue de remettre, sous les yeux de ceux qui l’au¬ raient oubliée en Europe, l’histoire de cette Caisse et des ser¬ vices inappréciables qu’elle a rendus, rend, et est appelée à rendre au pays dans lequel elle est installée. Loin de devoir être moindre que par le passé, son utilité nous paraît plus grande que jamais, en présence des projets que l’Angleterre nourrit sur le Soudan, et dont elle semble devoir poursuivre l’exécution avec une énergie redoublée, maintenant que la guerre du Transvaal est terminée.

Nous allons rappeler l’origine et résumer l’action de la Caisse, montrer la situation présente des divers titres de la Dette, et exposer brièvement la question soudanaise au point de vue des rapports financiers de l’Egypte et du Soudan. La conclusion se dégagera d’elle-même.

I Ce fut le 2 mai 1876 que le Khédive Ismaïl fut contraint, sous la pression d embarras sans cesse grandissants, de signer le décret qui instituait la Caisse de la Dette publique, composée d’abord de trois membres, un Français, un Autrichien et un Lahen. Ce n’est qu’en 1877 qu’un membre anglais leur fut ad¬ joint, et en 1885 que la Russie et l’Allemagne obtinrent d’y être chacune représentée par un délégué.

La Dette égyptienne existe en vertu du droit que reconnais¬ sent au Khédive les fîrmans d’investiture, à lui conférée par la Turquie, de contracter des emprunts. L’exercice de ce droit n’est soumis qu’à l’autorisation préalable du Sultan. Le peuple n intervient pas. La Chambre des députés, établie par le décret du 20 novembre 1866, ne pouvait que formuler

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