Sudan Archive

Open the original scan

El' LA CAISSE DE LA DETl'Ë EGYiniENINE 511 suit la large politique que nous venons de rappeler, constitue une entrave quelconque au progrès ? Est-ce à l’heure où les ententes internafionales sur tant de domaines se multiplient, où, particulièrement en ce qui concerne les questions écono¬ miques, les peuples, les gouvernements européens et améri¬ cains éprouvent le besoin de se rapprocher, de s’entendre, de s’unir, qu’il faudrait songer à briser un instrument qui a si merveilleusement fonctionné et à qui on n’a pu reprocher qu’un excès de perfection ?

Certes, nous ne contestons pas le mérite de radministration britannique en matière financière : au dehors comme chez eux, les Anglais s’entendent fort bien aux questions budgétaires. Mais ils savent combien il est toujours utile d’avoir, auprès de soi, un modérateur; de même que, dans une société finan¬ cière, les directeurs les plus éminents sont tenus de se con¬ former à la loi et aux statuts, à constituer des réserves, à ne pas dépasser certaines limites d’engagement, de même il est bon, qu’en Egypte, il existe des règles auxquelles, non seule¬ ment le gouvernement égyptien, c'est-à-dire en fait l’agent et consul général anglais, mais les membres de la Caisse de la Dette soient également soumis. Il convient de remarquer c{ue ces membres n’interviennent pas au gré de leur volonté ou de leurs caprices dans la gestion des deniers publics; leur rôle a été tracé, de la façon la plus nette, par les diverses lois qui ont établi leurs pouvoirs; ils appliquent ces lois avec impartialité et compétence. C’est la surveillance financière idéale.

La suppression de la Caisse de la Dette est une chimère ; cien, dans les nombreux textes qui font créée et modifiée, n en prévoit la disparition ; on pourrait presque se demander si I unanimité des grandes puissances intéressées suffirait à mettre un terme à son existence. Les porteurs des emprunts égyptiens ont un droit formel au maintien de cette Caisse, sur la foi de I existence de laquelle ils ont souscrit leurs titres ou consenti les sacrifices qui leur ont été demandés sous forme de réduc¬ tion d’intérêt, et qui trouvaient leur compensation dans 1 accroissement de sécurité que donnaient la gestion et le contrôle d’une Commission internationale. La suppression de celle-ci nuirait non seulement aux intérêts des créanciers de Egypte, mais à ceux de l’Egypte elle-même, qui, dans 1 avepourrait, à un moment donné, souffrir de cette absence

Text produced by OCR — report an error