Sudan Archive

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510 LES FINANCES DE l'ÉGYPTE ET DD SOUDAN construite autrefois pour des besoins purement militaires, est en déficit considérable ; les recettes n’en couvrent pas, à beau¬ coup près, les dépenses d’exploitation; si bien qu’il y a lieu de se demander s’il ne vaudrait pas mieux l’abandonner, Nous ne voulons pas entrer davantage dans l’étude de la situation économic[ue du Soudan; aussi bien, ne l’envisageonsnous, en ce moment, que dans ses rapports avec celle de l’Egypte. Nous en avons dit assez pour montrer la menace permanente qui pèse, de ce côté, sur les finances khédiviales.

V La Caisse de la Dette publique n’a rendu que des services à l’Egypte. En admettant qu’à de certaines heures elle ait exa¬ géré la sévérité de sa gestion, est-ce là un reproche à lui adres¬ ser ? et ne faudrait-il pas, au contraire, par le temps de pro¬ digalité coupable et d’incurie financière où vivent des nations qui ne sont pas africaines, se féliciter doublement de posséder, au Caire, un organisme capable de défendre le patrimoine national et de sauvegarder les intérêts en même temps que les droits les plus sacrés des contribuables ? Cette Caisse de la Dette a joué un rôle d’un Parlement, mais d’un Parlement bienfaisant, soucieux de ses devoirs, conscient de sa responsa¬ bilité, et qui, au lieu de pousser aux dépenses inconsidérées comme certaines Chambres de notre connaissance, n’a jamais cessé de se préoccuper de ménager les ressources publiques, sans refuser, d’ailleurs, son concours aux dépenses utiles. Voici plusieurs années que la politique d’économie ex¬ trême des débuts a fait place à des dispositions plus larges de la part des commissaires : ils ont, avec une judicieuse libéra¬ lité, remis au gouvernement khédivial les sommes que celuici réclamait pour des travaux publics, notamment pour ces grandes entreprises de construction de barrages, destinés à réglementer et à accroître les ressources de l’irrigation et à multiplier ainsi la surface cultivable et, par suite, les récoltes de 1 admirable contrée redevenue, comme sous l’ancienne Rome, un des greniers du monde : seule, la nature des pro¬ duits qu’elle exporte a changé en partie.

Qui donc oserait prétendre qu’un aréopage financier, où siègent les représentants des six grandes puissances, et qui

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