Sudan Archive

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608 LES FINANCES DE l’ÉGYPTE ET DU SOUDAN dises entrant au Soudan et en sortant, et provenant d’ailleurs que de l’Egypte.

Cette convention a été critiquée, à beaucoup de points de vue : l’Egypte, tout d’abord, n’a pas qualité pour se lier par un acte international, ni le Khédive pour le signer ; encore moins est-il possible d’enlever aux puissances européennes, sans leur consentement, les droits et privilèges dont elles jouis¬ saient au Soudan. Ce qui n’empêche pas l’Angleterre d’or¬ ganiser le pays comme la convention le prévoyait, et même d’avoir fait disparaître, dès le 10 juillet 1899, l’exception con¬ sentie en faveur de Souakim, où la juridiction des tribunaux mixtes fut supprimée. Bientôt, l’étude des chemins de fer, des¬ tinés à réaliser le rêve du «"Cap au Caire », a été commencée. Le 27 janvier 1903, dans une allocution prononcée à Khartoum, lord Cromer a déclaré qu’il favorisera l’établissement d’une ligne de Khartoum à Kassala, puis de là vers le Nord. Cette ligne suivra les routes commerciales existantes et seraAin des anneaux de la chaîne du Transafricain. Une autre voie est pro¬ jetée par un groupe anglo-américain, qui cherche à construire une ligne de Khartoum à Addis-Ababa, capitale de l’Abys¬ sinie, de façon à devancer, dans cette ville, les travaux du se¬ cond tronçon de la ligne française partant de Djibouti, dont la première partie seule est terminée jusqu’au pied du Harrar, et que nous aurions le plus grand intérêt à pousser jusqu’au cœur du pays.

Cette question éthiopienne mérite, de la part de notre gou¬ vernement, l’attention la plus scrupuleuse. On connaît le traité signé le 15 mai 1902 entre l’Angleterre, représentée par le lieutenant-colonel John Lane Harrington, et l’empereur Mé-nélik. L’objet apparent du traité a été de délimiter la frontière entre le Soudan et l’Ethiopie; mais les trois derniers articles contiennent des stipulations de la plus haute importance : le Négus s’engage à ne construire aucun ouvrage sur le Nil Blanc, le lac Tsana ou le Sobat, qui pourrait arrêter la course des eaux vers le Nil; il autorise les gouvernements « britan¬ nique et du Soudan » à choisir, dans le voisinage d’Itang, sur fa rivière Baro, un territoire de 400 hectares devant servir de station commerciale au gouvernement soudanais, « aussi longtemps que celui-ci restera sous le gouvernement (c an-

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