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506 LES FINANCES DE LÉGYPTE ET DU SOUDAN IV Un point très délicat et important est celui des rapports financiers de l’Egypte avec le Soudan. Le budget de 1903 pré¬ voit une contribution de l’Egypte aux dépenses de l’adminis¬ tration civile et militaire du Soudan, pour un montant de 390.000 livres égyptiennes, soit environ 9.800.000 francs, égal à celui qui figurait, pour le même objet, au budget de l’année précédente. Lord Cromer justifie cette dépense en di¬ sant que la prospérité de l’Egypte dépend du Haut-Nil, situé en territoire soudanais; que, grâce aux expéditions dirigées vers le Sud, l’Egypte a été délivrée de la menace des invasions de derviches; qu’un débouché nouveau a ainsi été ouvert à l’activité et au commerce égyptiens; d’ailleurs, le budget sou¬ danais est en amélioration. Mais lord Cromer insiste sur ce point, qu’il vaut mieux, selon lui, employer les augmentations de recettes locales à des dépenses que chercher à diminuer, pour le moment, l’importance du concours donné par l’Egypte au Soudan ; car il considère qu’à la longue, la première reti¬ rera de grands avantages des progrès que celui-ci réalisera, et qu’elle a tout intérêt à ce que ces progrès se fassent le plus ra¬ pidement possible. Nous ne le contestons pas ; mais nous voyons ici une raison de plus pour maintenir un contrôle in¬ dépendant sur les finances égyptiennes. Les Anglais, livrés à eux seuls, pourraient se laisser entraîner à engager les res¬ sources de l’Egypte, proprement dite, dans une proportion excessive et même dangereuse pour soutenir et développer le Soudan.
A propos de ce dernier, lord Cromer aborde nettement, dans son rapport, la question de savoir pourquoi le Trésor anglais ne supporte pas une partie de ses dépenses. Il trouve la réponse dans la Convention du 19 janvier 1899 qui, dit-il, a eu pour objet exprès tie dégager le Soudan, et par consé¬ quent 1 Egypte qui le gouverne, de <( toutes ces institutions in¬ ternationales encombrantes qui ont si énormément ajouté aux com[)licalions de l’administration égyptienne. N’eût été cette considération, il n’y avait, au point de vue purement anglais.