Sudan Archive

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504 LES FINANCES DE l’ÉGYPTE ET DU SOUDAN Dette privilégiée, qui rapportent actuellement 3 1/2 % d’inté¬ rêt, au lieu de 5 % qui était le taux originaire, sont exposées à subir une nouvelle conversion. M. White prétend que l’Egypte pourrait également rembourser ou convertir, à ce moment, la Dette unifiée 4 %, et que la Grande-Bretagne, la puissance tu¬ télaire, comme il l’appelle, pourrait substituer à cette dette un emprunt, garanti par elle, qu’elle émettrait sur la base d’un revenu de 3 1/2 ou même 3 %. 11 veut bien reconnaître, toute¬ fois, que la légalité d’une semblable opération est douteuse, puisque lui-même avoue qu’elle devrait être soumise aux tri¬ bunaux mixtes. A cette solution, qui implique la proclamation officielle du protectorat anglais dans la vallée du Nil, il ne voit qu’une alternative, un expédient financier qui consiste¬ rait à donner en gage les revenus publics qui ne sont pas af¬ fectés au service de la Caisse, et qui s’élèvent à environ 100 millions de francs par an : cette somme suffirait à gager le service de l’emprunt nécessaire pour rembourser fUnifiée; mais M. White oublie ici, de nouveau, que l’Unifiée n’est pas remboursable au gré du gouvernement anglais. Cette jon¬ glerie financière, comme fauteur même du projet a la naïveté de le qualifier, se condamne assez d’elle-même pour que nous n’ayons pas besoin d’insister sur ce qu’elle soulève d’objec¬ tions et de critiques.

<( Le besoin d’un contrôle unique a été, dit M. White, am¬ plement démontré... Un jour viendra où nous devrons réunir l’Eg3pte à nos possessions du Sud, et où nous les réunirons. Si le bonheur de l’Egypte et le développement du Soudan exi¬ gent, qu’en 1905, nous prenions cette initiative, ce serait folie que d’essayer d’échapper à notre destinée. Nous devons pro¬ voquer les événements plutôt que les subir. Tôt ou tard, il nous faut proclamer le protectorat britannique en Egypte; plus nous ferons tôt le premier pas dans cette direction, et mieux se sera pour elle et pour nous. » Nous avons vainement cherché, dans ces articles, un seul argument sérieux démontrant le profit qu’il y aurait, pour i Egypte, à voir disparaître la Caisse. Ils ignorent entièrement la politique actuelle des commissaires de la Dette, qui mettent à peu près la totalité de leurs fonds à la disposition du minis¬ tère des Travaux publics.

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