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698 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dans les rues et, forts de leur nombre, ils tuent les hommes, capturent les femmes et les enfants, Pourtant les souverains du Bornou n'ont jamais construit de flotte pour aller les poursuivre jusque dans le dédale de leurs iles, Souvent des batailles navales ont lieu sur les eaux du lac Trâdé, mais seulement entre les Kouri et les Yedinas on a vu jusqu'à deux cents grands bateaux aux prises. Ces guerres incessantes_ réduisent la population, qui S'accroitrait naturellement de li manière la plus rapide, comme chez la plupart des ichthyophages + n'est pas rare de voir des familles composées d'une dizaine d'enfants, Tous les Kouri, les eivilisés de l'archipel, Sont mahométanss mais les Yedina ne le sont que de nom el plusieurs pratiques paiennes leur tiennent plus à cœur que les cérémonies introduites par Fislam : un prêtre où gardien de la foi conserve avec soin une” calebasse, une pierre, une épée sainte, dont il se sert pour la guérison des maladies, de la stérilité, du mauvais œil, et qu'il manie religieusement dans loutes Ses invocations au Nadjikenem ou Grand Esprit, celui qui fouetle les eaux et brise les embarcations: ils vénèrent aussi le génie du lac, qu'ils se représentent sous la forme d'un serpent giuantesque, Quand un Yedina meurt sur la terre ferme, ses parents prennent soin de ramener son corps pour Île déposer dans Pilot natal: mius l'étranger qui succombe dans Farehipel est jeté dans les eaux du le, de peur que ses ossements ne profanent terre sacrée, Les dépressions du Bahr elGhäzal sont moins peuplées que les archipels du Fzàdé : on n'y compterait que de dix à douze mille individus, Étroites, ouvertes de toutes parts aux incursions, elles ne sont habitées que par des Arabes errants, des Aoulad-Hamed et des bergers de langue dàza, les Nakerda et les Krèda : le nom de ces derniers est devenu svnonvme de « paien » dans li bouche des Xoulad-Nlimän, parce que toute violence exercée contre ces malheureux se trouve ainsi justifiée, Des maladies infeclieuses ayant emporté presque loutes les bêtes à cornes qui constituaient la richesse des Krêda, un grand nombre de ceux-ci ont dù se mettre à cultiver le sols mais, de crainte d'être pillés, peut-être réduits en esclavage par les Aoulad-Nlimän, ils quitlérent le pays pour aller S'établir plus à l'est, sous Ta protection plus efficace du sultan de Ouadaï. est vrai que, d'après une fiction politique, la suzeraineté de ce personnage S'étend bien au delà du Bahr elGhâzal, dans le Kâänem; mais les Noulad-Slimân ne reconnaissent celle prétention que lorsqu'ils sont les plus faibles, et de paciliques tribus, comme celles des Krêda, cherchent avec raison à s'éloigner de ces dangereux pillards.

Mao, la ville du Kâänem dans laquelle réside le représentant plus ou

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