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SAN-MIGUEL. 19 de la colonne de débris, tournoyait dans le ciel comme une immense roue ; des éclairs jailiissaient de la masse des nuées tourbillonnantes, et des trombes inclinées sous le vent bouleversaient les flots autour du jet central.
Dès le quatrième jour se montra la première plage noire de Sabrina, pareille au dos d'un monstre; dans l'espace de trois heures l'île avait déjà 6 mètres de hauteur et s’arrondissait en un eratère ébréché de 430 mètres en circonférence, d'où l'eau s'épanchait à marée basse en un fleuve d’eau bouillante et que la mer emplissait de nouveau à marée haute, Seize jours après le commencement de l'éruption, le cône volcanique atteignit ses plus urandes dimensions, 75 mètres de hauteur et 1So0 mètres de pourtour. On raconte, sans preuve à l'appui, que les Anglais y plantèrent leur drapeau, heureux de la bonne fortune qui leur donnait l'emplacement d'une eitadelle au centre de l'Océan ; mais, entièrement composé de cendres et de scories sans cohésion, le Gibraltar espéré ne put résister au heurt des vagues et disparut peu à peu : bientôt après la sonde trouvait une profondeur de 2N mètres à l'endroit où s'était élevée l’île de Sabrina".
Le premier établissement des immigrants portugais et «maures » sur la rive méridionale de San-Miguel porte simplement le nom de Povoaçäo ou de « Village ». Le chef-lieu qui lui succéda fut Viliafranca, également située sur la côte méridionale, au bord d'une rade que protègent contre les vents d'ouest l'ilot volcanique et l'isthme de bas-fonds unissant cet ilot au littoral. Mais en 15922 la ville fut entièrement détruite par une éruption : des coulées de terre et de limon, s'échappant en avalanche des montagnes situées au nord, descendirent sur Villafranea et l'engloutirent avec les cinq mille personnes qui lhabitaient; d'autres « déluges de terre », disent les chroniqueurs, S'abattirent sur divers points du littoral et s'avancèrent dans la mer en promontoires.
Villafranca, patrie du fameux voyageur Bento (Benediet) de Goes, qui pénétra au centre de PAsie dans les premières années du dix-septième siècle, est redevenue ville populeuse et fait un commerce direct avec l'Angleterre; toutefois une autre cité a pris rang de capitale, Ponta-Delgada où « Pointe-Æflilée », située plus à l'ouest, au delà du gros bourg d'Alagoa et sur la même côte du sud : c'est la quatrième ville du Portugal par le nombre des habitants, La saillie de la côte qui lui à valu son nom protégeait quelque peu sa rade contre la fureur des vents d'ouest; mais cet abri précaire était insuffisant pour les navires qui fré-quentent la rade de Ponta-Delgada: en moyenne, les communications 1 Webster, Description of the Island of Saint-Michael: — Martung, ouvrage cité LU