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Santa-Maria, l'ile acorienne la plus rapprochéedu Portugal et de Madère,
est l'une des plus petites et des moins populeuses; mais elle paraît avoir
été plus considérable autrefois, car son piédestal marin, rongé par les flots que poussent les vents redoutés des parages occidentaux, s'étend à une assez grande distance au nord-ouest de l'île, une quarantaine de kilomètres au nord-est de Santa-Maria, les écueils des Formigas et du Formigon, « four-
mis naines entourant une fourmi géante », ne sont également que les débris d'un ilot d’une dizaine de kilomètres en longueur. Ni la mer à détruit une partie de la base sur laquelle reposait l'île de Kanta-Maria, celle-ci s'est acerue d'autre part, grâce à un mouvement d'émersion : les traces d'anciennes grèves se voient sur le pourtour de l'île jusqu'à la hauteur de 90 mètres. Depuis longtemps cette extrémité occidentale de l'ar- chipel açorien paraît n'avoir plus d'éruptions ni de frémissements volea- niques : aucun des cratères de l'ile n'offre de scories récentes, et les cou- lées de lave sont usées par les intempéries ou bien recouvertes par Fhumus et la végétation. Santa-Maria se distingue des autres Açores par la présence de quelques bancs d'un calcaire qui se forma sous les eaux avant le soulè- vement des côtes : ces dépôts, qui datent de la fin de l'époque miocène, sont utilisés activement par les chaufourniers, qui transportent là chaux à Ponta-Delgada, dans l'île de San-Miguel ; les argiles rouges de Pile servent aussi à la fabrication de la pouzzolane".
Le chef-lieu de Santa-Maria, Villa do Porto ou la « Ville du Port », ne
mérite guère son nom : sa crique, simple échancrure de la côte méridionale,
est exposée aux vents de l’ouest et du sud; la tenue y est mauvaise, el sou-
vent les navires sont obligés de mouiller en rade, prêts à s'enfuir au signal du danger. Santa-Maria est une des îles qui ont eu le plus à souffrir des
incursions de pirates algériens et français, au seizième siècle. Dans les
années sèches, elle est menacée de la disette, parfois de la famine.
San-Miguel, la plus grande des îles et de beaucoup la plus inpor- nte, puisqu'elle contient près de la moitié des habitants de l'archipel,
se compose en réalité de deux terres distinctes dont l'intervalle à été com-
: blé par une série d'éruptions. Une multitude de cônes volcaniques, rap-
* pelant de loin par leur forme celle d’une rangée de taupinitres, occupe
cet espace Intermédiaire, au-dessus de la plaine rocailleuse formée par les
« coulées de laves qui se sont épanchées des deux îles primitives, Les cendres
1 G. Hartung, ouvrage cité,
XL, 6