Sudan Archive

10 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,

colles, et la rotation des cultures est établie en maints endroits de manière

à donner deux moissons dans l'année ; toutefois les produits sont en général

moins bons que sur le continent et dans les autres archipels atlantiques.

L'orseille, ce lichen des rochers qu'on exployait jadis en quantité dans

les teintureries d'étoffes, fut Ja première denrée fructueuse d'exportation ;

elle était monopolisée pour les « épingles » de la reine et se vendait un

très bon prix. La culture du pastel enrichit aussi Terceira et d’autres

iles dans les premiers temps; la canne à sucre fit la prospérité de Villa-

franca. Les vignes, que l'oïdium a détruites en grande partie, fournirent jusqu'au milieu du dix-neuvième sièele un vin blanc assez médiocre, peu

riche en sucre, mais abondant; puis les orangeries remplacèrent les vi- gnobles comme plantations de rapport, si bien que San-Miguel expédiait à

Londres en une saison jusqu'à 250 millions d’oranges, d'une valeur de

nrès de 5 millions de francs; les orangers ont été frappés par le

coulage » ou lagrima, puis par d'autres maladies, et le commerce est tombé au quart de ce qu'il était autrefois". Le phormüon tenax ou lin de

la Nouvelle-Zélande, qui croît on ne sait depuis quelle époque dans les îles, même sur les terres les plus arides, est utilisé maintenant par les tisseurs.

Les ananas, qui s'élèvent en serre, sont d’une excellente qualité et se ven-

dent très bien ; on s'occupe aussi avec succès depuis 1878 de la culture du

thé : une seule plantation contenait 27 000 arbustes en 1885. Mais la pro-

duction agricole la plus importante est toujours le maïs, et chaque année, malgré l'énorme consommation qu'on en fait dans l'archipel, on exporte

une quantité considérable de cette denrée. Quant à la population agricole,

elle reste misérable en dépit de la fécondité du sol cultivé; en temps

ordinaire, les salaires journaliers s'élèvent de 89 centimes à { fr, 50; à la

moisson, ils atteignent 5 francs”.

Autrefois les insuluires ne portaient guère que des étoffes de fabrication

indigène, mais les bas prix des draps et des cotons étrangers ont presque complètement supprimé les industries locales; les îles n'ont pas d'usines

proprement dites, seulement quelques moulins, des tanneries, des fro-

mageries : les Açoriens qui ne s'occupent pas d'agriculture sont presque

tous employés dans le commerce. Le mouvement des échanges augmente

beauconp de décade en décade : il a presque déeuplé de 1850 à 1880; tou-

tefois depuis cette époque la maladie des orangers à diminué l’activité commerciale, Elle ne reprend que lentement.

1 Exportation des oranges de San-Miguel en 1885 :

151 141 caisses, soit 0 millions d'oranges,

2 Arruda Furtado, ouvrage cité,

Text produced by OCR — report an error