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92 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE, ouest; d'autre part, une partie de la ville est soumise à l'action de la brise qui souffle du sud en remontant les pentes, Humboldt cite en témoignage de cette superposition normale des vents deux moulins qui travaillaient presque loujours en même temps, lun tournant ses ailes au vent du nord-ouest, l'autre au vent du sud, En se rencontrant sur ce plateau, comme sur un champ de bataille », dit Smyth, les courants opposés dé-posent leurs vapeurset c'est à l'humidité de l'air que Laguna doit une végé-lation plus active que celle des pentes voisines exposées à un seul courant aérien; sur ses toits poussent en broussailles des sempervirens urbicum qui ne se voient pas sur les maisons situées plus bas! Ainsi les habitants de Tenerife et des autres îles montueuses_ peuvent à volonté changer de elimat, étudier et choisir la température et l'humidité qui leur conviennent. Grâce à ce privilège que possèdent les Canaries comme sanaloire, le nombre des étrangers malades qui vont y chercher la guérison ou la prolongation de la vie deviental chaque année plus considérable, Test probable que, dans un avenir prochain, les Canaries l'emporteront sur Madère par le nombre annuel des visiteurs, quoique les indigènes, eraignant l'infection de la maladie, les voient arriver avec peine, Les îles ont, il est vrai, le désavantage de se trouver plus éloignées de l'Europe; mais elles sont plus rapprochées de tous les établissements de Br eôte d'Afrique, dont le séjour est si dangereux pour les immigrants européens ; en outre, on n'y a pas l'ennuide se sentir dans une grande prison comme à Madère : d'île à ile, grâce à la vapeur, les voyages sont devenus faciles, el les phénomènes de la nature S'y montrent sous un aspect plus grandiose, Moins bica arrosées que Madère et surtout que les Açores, les Canaries n'ont pas là même parure verdoyante que les arehipels septentrionaux ; elles offrent un aspeet plus terne, eLen maints endroits leur sol est même complètement aride. Dans le voisinage du Hittoral la végétation disparaît presque dans la teinte générale des terrains : les plantes grasses aux nuances bleuâtres prédominent el se confondent en maints endroits avec les tufs voleaniques*. Dans les îles orientales, Lanzarote et Fuerteven-Lura, on ne voit plus ni forêts, ni grandes nappes de plantes associées : l'aspect général de la contrée est déjà celui de la steppe. Mais les îles occidentales ont du moins gardé çà et là des lambeaux de forêts : la plus riche en grands arbres est Palma, de toutes la plus occidentale et aussi la plus largement fécondée par les pluies.
1 Humboldt, L, von Buch, ouvrages cités.
* Grischaeh, La Végétation du Globe, traduit par Tehihatchef.
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