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50 .MONOGRAPHIE DES KHASSONKÉ toute déprédation. Dès lors sont réunis, sous la protection de la même barrière, rhomme, ses troupeaux et ses cultures.
Lorsque le nombre des membres de la maisonnée devient tel qu'il est nécessaire d'édifier de nouvelles constructions, alors un changement s'opère : les gens libres se forment en agglomération, dressent à proximité un parc à bestiaux et établissent la majorité de leurs esclaves, par petits groupes, sur les terrains les plus favorables à la culture. Désormais les campements ne se déplacent que dans les environs des habitati(ns nécessairement fixes des colons; ils deviennent, d'ailleurs, de plus en plus difficiles à transporter, au fur et à mesure que s'augmente leur population et que les céréales entrent davantage dans l'alimentation ; cependant, il V a toujours nécessité impérieuse à gagner de nouveaux li-eux pour assurer la subsistance des troupeaux : de cette difficulté du déplacement et de cette nécessité à l'elTectuer résultent les campements fixes, dans lesquels une fraction des habitants assure en temps voulu la transhumance du bétail. Cette fraction finit par se constituer peu à peu des territoires de parcours qui lui deviennent propres en ce sens qu'elle est seule à en exploiter les pâturages moyennant, d'ordinaire, quelque minime redevance au maître du sol.
Devenu sédentaire, ou à peu près, le Peul se trouve plus que jamais inHuencé par la vie indigène ambiante. Ses unions avec les négresses donnent des métis fort diffé-rents de leurs auteurs, mais qui inclinent cependant beaucoup plus vers la vie matérielle nègre. Sous l'influence de cette race nouvelle, la gande se transforme, la case à paroi de pisé s'y substitue à la hutte de chaume; le maître ut largement des produits de la terre, les troupeaux ne sont pour lui qu'une réserve de richesses, il leur préfère les esclaves dont il fait des agriculteurs ou môme des guerriers, car il est d'instinct éminemment combatif. Au besoin, sans troupeau et sans esclave, il travaille lui-même la terre.