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412 MONOGRAPHIE DES KIIASSONKE De ce tableau il résulte notamment que sur les 906 mots examinés, les deux tiers sont des dis}llabes, près d'un sixième sont des monosyllabes et un sixième des polysyllabes. Dans l'ensemble, il v a environ un dixième de mots à finale nasalisée, pour les monosyllabes cette proportion atteint plus de 5o p. 100.
TRANSFORMATION DES SONS Ainsi, dans l'état actuel, le vocabulaire comporterait une majorité de disyllabes. Mais l'examen attentif permet de découvrir que beaucoup de disyllabes ne sont que des composés ou des dérivés de monosvllabes. Sans traiter ici la question de forme — objet d'un chapitre ultérieur — nous constaterons que l'agglutination des éléments, qui entrent dans la formation des disvllabes, entraîne d'ordinaire des mutations de sons, ainsi : khiimu =r= parler, est formé par l'union de kho et de ma, avec mutation de et a en u; sugiilo, tresse de cheveux, est formé par l'union de si et de dj'ulo, avec mutation de i en u et de d- en g.
L'indigène ignore la valeur des mots employés isolément, il ne possède que la pratique du langage et, dans les tournures dont il fait usage, les éléments constituants fusionnent souvent au point de former bloc : c'est qu'en elTet les mots associés pour l'expression de la pensée ne demeurent pas toujours simplement juxtaposés, parfois ils se compé-nèlrent, si l'on peut dire, au point que l'analvse demeure impuissante à découvrir en eux les formes originelles.
Les mutations que décèle l'examen des disyllabes ne sont donc qu'un cas particulier de la liaison que nous allons maintenant étudier.