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392 MONOGHAPHIE DES KHASSONKÉ « Tiens, dit-il à Awa, regarde là et tu verras le visage de ta rivale. » Awa contempla curieusement celle qu'elle crut être sa rivale etqui n'était que sa propre image.

Satan, peu à peu excitait sa jalousie : «Ah ! disait-il, comment soutTres-tu qu'il te délaisse ainsi, pourquoi ne pas te venger? — Et comment? fit-elle rêveuse. — Mais, n'est-ce pas, là, l'arbredont Dieu vous a interdit de manger les fruits? — Si, dit-elle. — Alors, transgresse cet ordre et Adama et ta rivale sont perdus. » Ainsi fit-elle, mais à peine eut-elle goûté du fruit dé-fendu que, subitement, elle eut ses premières menstrues, qui vinrent souiller le paradis. Adama survint et, la voyant boudeuse, lui demanda ce qui la chagrinait. Sûre de son effet, elle se répandit en amers reproches sur son infidélité et ajouta que, pour le punir elle n'avait pas hésité à transgresser l'ordre de Dieu.

Adama, toufen se défendant d'avoir une autre femme, fut pris de l'irrésistible désir de goûter au fruit défendu, mais à peine l'eût-il avalé que la main de l'Ange Djibril (Gabriel) l'arrêta dans sa gorge.

Pour avoir désobéi, Adama et Awa furent jetés sur l'aile des vents. Adama tomba dans l'indi (Inde?) au nord de Maka (la Mecque) et Awa vers Babila (Babylone), pays du païen Nabuchodonosor.

Le sang d'Awa qui avait souillé le paradis, devint, sur la terre, la semence du colatier et c'est pourquoi les colas sont réputés avoir des vertus aphrodisiaques et sont, pour cela, si recherchés des noirs.

Quant au fruit défendu qui fut arrêté dans la gorge d'Adama, les Khassonké musulmans prétendent que c'est celui du menkono (spondias liiiea) : ils prétendent également, qu'ingéré, ce fruit demeure quarante jours dans l'intestin et que, lorsqu'on meurt dans cet état, l'on va sûrement en enfer.

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